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Alors que les résultats du Grenelle vont être bientôt rendus publics, le ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables est optimiste, en sachant que l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Par Yolaine de la Bigne
JEAn-LouIs BoRLoo : « Il doit y avoir un Grenelle permanent »
Yolaine de la Bigne : Plus de 300 000 connexions sur le site legrenelle-environnement.fr ; entre 1 000 et 1 500 participants dans chaque réunion régionale… Après cette émulation, comment voyezvous l’année 2008 ? Jean-Louis Borloo : 2008 doit être l’année du passage à l’acte. L’objectif, c’est d’avoir finalisé au début de l’année prochaine, nos quinze à vingt programmes sectoriels avec des mesures concrètes. Et les chantiers ne manquent pas : habitat, agriculture bio, énergies renouvelables, étiquetage des produits… Nous voulons de vraies ruptures avec des changements rapides et visibles que les Français peuvent s’approprier. YB : Le Grenelle de l’environnement est une nouveauté démocratique extraordinaire. Peut-il se pérenniser ? JLB : Pour beaucoup, le Grenelle est un peu un « objet politique non identifié ». Nous avons réuni des acteurs qui n’avaient pas l’habitude de se parler : associations, partenaires sociaux, entreprises, collectivités locales pour un vrai débat où on se dit les choses, où chacun est respecté. Le Grenelle n’est pas un point final mais bien un point de départ. Nous avons trouvé un cadre de travail certes un peu hors norme, mais dans lequel on peut avancer ensemble. Il doit y avoir un Grenelle permanent avec des rendez-vous réguliers pour vérifier que les mesures prises soient bien appliquées. YB : Des assurances américaines protègent les biens environnementaux parce qu’ils ont une valeur. L’écologie a-t-elle un prix ? JLB : Nous devons faire, petit à petit, la vérité sur les prix écologiques. L’idée, c’est de faire figurer à côté du prix en euros, le prix « en carbone ». Par exemple : consommer des fraises en hiver, ça coûte plus de carbone que de manger des fraises en été. Parce que, en hiver, on est obligé d’importer les fraises d’un autre continent. Grâce à cette information, les Français pourront consommer « militant ». Ils se diront : « Je vais acheter tel produit parce que sa fabrication nécessite moins de carbone que tel autre ». Ils ne paieront pas plus cher, mais ils pourront faire un geste pour la planète. C’est aussi ça, le passage à l’acte. YB : Certains pointent du doigt l’Etat français et l’administration qui auraient freiné les choses. JLB : Je crois que nous avons complètement changé d’ère. Les initiatives se multiplient dans la grande distribution, le bâtiment, l’automobile… L’Etat quant à lui doit être exemplaire. On ne peut pas d’un côté demander aux Français et aux entreprises de s’y mettre, si de l’autre côté, l’Etat ne montre pas l’exemple. Nous venons ainsi de réaliser le bilan carbone du ministère pour voir comment réduire nos émissions de CO2. Nous avons par exemple opté pour des ampoules basse consommation. Et puis je viens d’installer une visioconférence pour limiter au maximum les déplacements. Je souhaite que les autres ministères fassent la même chose. La « révolution écologique » c’est partout et à tous les étages. YB : Envisagez-vous une « exception française » écologique ? JLB : Ce que nous faisons est regardé de très près par beaucoup de pays étrangers et par l’ONU. La France est un peu le laboratoire mondial du développement durable. Nous allons enfin essayer de démontrer qu’on peut très bien être compétitif, gagner des parts de marché, et respecter l’environnement. L’idée ce n’est pas d’être les seuls au monde, mais d’être les premiers.
* sondage LH2 du 27 septembre 2007
d.r.
pour qu’ils consomment « militant »]
[Informer les Français
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