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Le développement
de l’écologie passera
par l’innovation.
Morceaux choisis
ge souffrir les populations que les régimes et que, quels que
soient les dirigeants d’un pays, ses habitants ont toujours
besoin d’énergie et de croissance. Ca se défend.
YB : On vous sent plutôt optimiste. La France accuse
pourtant un certain retard en développement durable.
TF : Pas du côté des entreprises ! Nous en comptons de
nombreuses qui sont parmi les plus performantes au monde
comme Suez ou Michelin. Le problème est la mentalité
française très anti-patron, notamment vis-à-vis des grands
groupes.. Et puis l’administration ! Ce sont les politiques qui
sont en retard chez nous. Le développement durable -un
mot qui veut tout dire et rien dire d’ailleurs, car venant de
la mauvaise traduction de « Sustainable development » qui
signifie exactement développement soutenable, souhaitable-,
c’est une affaire d’ingénieurs ici, alors que cela doit
concerner tout le monde, les écoles, les universités…
YB : Pour conclure, votre « Top Five » parmi ces grands
patrons ?
TF : Ceux qui s’engagent aussi personnellement, qui veulent
réellement faire évoluer leur entreprise et leur pays :
Bertrand Collomb (Lafarge), Jean-Paul Bailly (La Poste),
Louis Gallois (EADS), Gérard Mestrallet (Suez) et Jean-
François Dehecq (Sanofi-Aventis).
* « Développement durable, 21 patrons s’engagent », coécrit avec Pierre
Delaporte, éditions le cherche midi
** « Développement durable, cinq ans après : la métamorphose », coécrit
avec Claire Tutenuit, éditions le cherche midi
© sxc.hu/john nyberg
« L’idéal de l’homme du XXI e siècle, ce n’est pas l’homme
qui vit de nouveau en autarcie, qui ne sait rien parce qu’il n’y a pas
de communications… La noblesse de l’homme, c’est qu’il a découvert
sa capacité à maîtriser le monde, à acquérir la connaissance
mais il doit apprendre à respecter la planète dans le cadre
de cette maîtrise. »
Bertrand Collomb, président d’honneur de Lafarge
« Le respect des dimensions sociale, sociétale et environnementale
n’est pas une charge supplémentaire, mais bel et bien
une opportunité de progrès. »
Joël Séché, président-directeur général de Séché
Environnement
« Il existe de réelles différences entre l’approche
européenne, d’une part et les approches américaine
ou asiatique, d’autre part (…). S’il m’apparaît excellent
et indispensable que l’Europe prenne le leadership
en la matière (de développement durable), au niveau
mondial, nous ne pouvons pas avoir durablement
des législations environnementales à deux vitesses.
Cela aurait pour conséquence d’avoir des normes contraignantes
en Europe… et les activités les plus polluantes ailleurs. L’industrie
européenne en souffrirait sans que la pollution globale soit diminuée. »
Louis Gallois, président exécutif d’EADS
« La croissance, ça veut dire la liberté. La circulation aérienne
c’est d’abord le tourisme… Peut-on empêcher les hommes
de découvrir le monde ? Il ne faut pas trop pénaliser cette liberté.
Mais il faut réussir des réductions de consommations spécifiques qui
permettent de compenser la croissance de la demande et au-delà.
La réponse est dans la technologie, donc dans l’innovation »
Francis Mer, président du conseil de surveillance
de Safran
« Dans un monde où trois milliards d’êtres humains
vivent avec moins de deux euros par jour et où
les ressources naturelles et les équilibres écologiques
sont menacées, le changement des comportements
est impératif. Les progrès technologiques et la science permettront
de progresser mais ne suffiront pas. »
Gérard Mestrallet, président-directeur général
de Suez
« La prise de conscience que 80 % de la population mondiale n’a pas
accès au médicament nous amène à prendre des positions engagées,
qui ne sont pas toujours bien accueillies même dans notre secteur
(…) oui, je crois que les riches doivent payer pour les pauvres ! »
Jean-François Dehecq, président de Sanofi-Aventis
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