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[S’ENGAGER]

Eugène RiGuidEl,

dans le courant
Il y a une trentaine d’années, Eugène Riguidel défiait Eric Tabarly. Aujourd’hui, il navigue vers des causes justes à défendre, poussé par une insatiable soif de liberté, d’égalité et de fraternité. Par Vincent Rondreux
Vous êtes très sensible aux problèmes que l’on rencontre dans les ports actuellement… Oui, je m’inquiète de l’exploitation commerciale des ports par les gestionnaires. Je constate qu’il y a de moins en moins de liberté sur la mer. Récemment, je me suis mis à l’ancre dans le port d’Arradon, mon village natal, et aussitôt un bateau est venu me dire de partir parce que j’étais dans la concession de la Sagemor, le gestionnaire du port. Fin octobre, j’ai participé à Eco Nav 2007, une opération organisée par la ville de Douarnenez pour une navigation plus écologique et une gestion durable des ports, en luttant notamment contre la surpuissance des bateaux ou le non-respect des règles environnementales par les cargos. Un prochain rendez-vous est fixé en juin prochain. Pour ma part, j’espère y aller à la voile. Vous menez énormément de combats, tant sur le plan national que sur le plan international. Comment faites-vous le lien entre ces actions ? Je me définis comme un citoyen du monde régionaliste. Je veux rester constamment attentif aux problèmes de justice et de solidarité. Mais il est plus facile d’influencer des affaires au plan local qu’au plan national ou international. D’où mes combats locaux. Je suis prêt à m’engager pour une cause dès qu’elle me semble juste. Je ne peux pas faire autrement. Je dirais même que c’est la moindre des choses. Il faut faire attention au sillage qu’on laisse sur Terre. Plus je vieillis et plus je me demande : « Si je  ne fais pas ça, alors à quoi je sers ? » et « qui le fera ? ». Par quel cheminement êtes-vous devenu ce citoyen du monde ? Plus jeune, avec mon frère JeanPierre et un copain, on parlait d’îles désertes qu’on équiperait en moulins à vent et à eau. Ensuite, j’ai connu un grand moment, en 1968, lors d’une conférence du scientifique Jean Rostand ; il parlait de la notion de citoyens du monde. La solidarité devrait transcender l’esprit humain pour projeter l’homme dans l’action bénéfique. Pourquoi ne pas réfléchir à un service public mondial, pour répondre aux besoins de tous les habitants de la planète. Si les égoïsmes perdurent, on finira par faire la guerre pour le pétrole, la guerre pour l’eau, la guerre pour l’air… Concernant nos vies personnelles, je crois en l’autosuffisance locale et en l’autonomie individuelle. Je n’utilise par exemple plus de piles dans les torches, mais des lampes solaires ou à recharge mécanique. Je fais également mon pain. Sur le plan psychologique, c’est incroyable ce que l’action de produire soi-même un peu de son alimentation ou de son énergie, change notre relation aux choses. Pour l’avenir, faites-vous partie des optimistes ou des pessimistes ? Je suis ultra pessimiste… mais pas désespéré. Le fait d’agir, même un petit peu, même parcimonieusement, évite de sombrer dans le désespoir. La seule solution pour s’en sortir, c’est l’action, à sa mesure, et une réflexion démocratique avec son entourage.

© nicole lamourec

[B.A.]
Militant dans l’âme, Eugène Riguidel combat aux côtés de nombreuses associations : • Menhirs libres, association bretonne qui défend ces œuvres néolithiques. • L’école associative Diwan, pour la sauvegarde la langue et de la culture bretonne. • Golfe-Clair, qui défend l’environnement dans le Morbihan, et le Peuple des dunes, qui se bat contre l’exploitation du sable marin. • Greenpeace, Sortir du nucléaire et les Faucheurs volontaires d’O.G.M.

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NEO_2_S'ENGAGER_Riguidel_Zara SR16 16 26/01/08 16:30:46

© lionel gédébé

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