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Freins du développement de l'éolien :
l'opinion du public. D'excellents
gisements de vent se trouvent sur
le pourtour méditerranéen et les
littoraux. Mais, faute d'acceptabilité
locale, des projets sont freinés dans
ces zones, selon Réseau de transport
d'électricité (RTE). Ce qui conduit à
développer plus de projets dans des
régions moins ventées... De son côté,
France énergie éolienne (FEE) reconnaît
que des éoliennes perturbent radars
météo et militaires.
Et pour l'avenir ? Dans un scénario
« énergies renouvelables haut », RTE
attribue 17500 MW à l'éolien en 2015,
soit 6,5% de la production. Bonne
nouvelle : dans ce cas, on prévoit
une baisse accrue de la production
d'électricité venant du charbon.
L'alternative « éolien faible » n'accorde
que 10000 MW d'éoliennes installées
en 2020. Mauvaise nouvelle :
« Il est
alors nécessaire d'ajouter 5800 MW de
moyens thermiques », prévoit RTE. Sans
doute du gaz et donc de l'effet de serre !
Au moins jusqu'à cette échéance, l'éolien
apparaît donc bien comme une énergie
verte. Sans pour autant nous dispenser
d'importantes économies d'énergie...
Deux scénarios possibles
mais au sein du bouquet énergétique
et du contexte dans lesquels il s'intègre.
C'est le travail de Réseau de transport
d'électricité (RTE), une filiale d'EDF.
Une énergie intermittente,
mais prévisible
La production électrique française
est traditionnellement assurée par le
nucléaire (à 80 %), complété par de
l'énergie thermique fossile (émettrice
de gaz à effet de serre) et de l'énergie
hydraulique. Grâce à leur souplesse
d'utilisation,
certains
barrages
et
centrales à charbon, gaz ou fioul
sont aussi utilisés lors des pics de
consommation, notamment l'hiver. Un
système bien huilé qui nous permet
même d'exporter de l'électricité en
Europe.
Là-dessus, vient maintenant se greffer
l'éolien. Mais sur terre, une éolienne
fonctionne 80 % du temps de manière
variable. Il
faut
donc, si
besoin,
compléter son action, là encore, par
de l'hydraulique ou du thermique.
Mais, « si elle est intermittente, l'énergie
éolienne
est
néanmoins
prévisible »,
nuance Jean-Yves Grandidier. Ce qui
permet d'estimer la production à
l'avance et de gagner progressivement
en souplesse.
Équilibre géographique
Après plusieurs années de production,
RTE constate par ailleurs que les
éoliennes fonctionnent mieux l'hiver
que l'été, sans être forcément gênées
par les vagues de froid. Elles permettent
donc d'alimenter les pics saisonniers
de consommation, en évitant d'allumer
des centrales à énergie fossile. Et parce
que les vents méditerranéens ne sont
pas liés aux vents bretons ni aux vents
picards, ils se compensent en partie.
Merci Dame Nature. Un parc éolien
géographiquement équilibré permet
ainsi « une plus grande régularité de
la production nationale », précise-t-
on chez RTE. Mais les grandes pales
ne peuvent pas faire de miracles
et l'entreprise note qu'il y aurait
une limite de croissance, au-delà de
laquelle l'éolien nécessiterait la mise
en place de davantage de thermique
ou d'hydraulique. Cette limite semble
loin d'être atteinte en France : en
2006, l'éolien produisait 0,45 % de
l'électricité,
l'hydraulique
plus
de
11 %, le thermique près de 10 % (1).
Pour la repousser encore, ne faut-il
pas également compter, à terme, sur
le développement d'un thermique
renouvelable (par exemple, biomasse
ou biogaz) ? Sur le captage du CO
2 ?
Sur le solaire ? Quoi qu'il en soit, notre
système énergétique a besoin d'un
nouveau souffle.
N
(1) Selon les résultats 2006 de RTE
· Une éolienne de 2 MW, équivaut
à l'électricité domestique de
2 000 personnes. Selon France énergie
environnement, l'implantation de
25 000 MW d'ici à 2020 représente
60 000 emplois et 38 milliards d'euros
d'investissement.
· 25 000 MW d'éolien, c'est
16 millions de tonnes de CO
2
non émises par an, estime
l'Agence pour le développement
et la maîtrise de l'énergie (Adème).
· Surcoût actuel de l'éolien pour
un ménage français (pour 2 500 kWh
par an, hors chauffage électrique) :
0,6 euro par an
(source : ministère
de l'Écologie/Adème).
Quelques chiffres
www.neoplanete.eu
DR