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françois
lefebvre
La chronique d'Allain Bougrain-Dubourg
DonnonS unE vALEuR Au PATRImoInE nATuREL
Faute de mieux, l'économie de marché fait recette dans notre société. En clair, malheur à ce qui
n'a pas de prix !
La nature en a t-elle ? La réponse est non. Personne ne peut, en effet, dire ce que vaut un papillon,
une loutre ou un aigle royal... Alors que le patrimoine culturel est financièrement évalué, depuis
la vieille ruine jusqu'à la Joconde, le patrimoine naturel, lui, n'apparaît pas dans les comptes. Il
n'échappe pourtant pas à la réflexion des économistes. Ainsi, de même que sir Nicholas Stern
a révélé dans un récent rapport le coût exorbitant du réchauffement climatique « si nous ne faisons rien », des
experts se sont penchés sur la valeur de la biodiversité. Le bilan n'est pas négligeable, puisque 40 % de l'économie
mondiale reposeraient directement sur le vivant qui nous entoure.
De quelle manière ? Tout simplement par les services que nous rend la nature. Les plantes offrent des molécules
thérapeutiques, bon nombre d'insectes butineurs permettent des productions agroalimentaires, le littoral génère
du tourisme, la forêt produit de l'énergie, etc. L'ennui, c'est que l'enquête menée sur les services rendus par la
biodiversité révèle que ces derniers sont en chute libre. Pour être précis, 60 % d'entre eux seraient en déclin en
raison de la dégradation affectant la biodiversité (déforestation, pollution, disparition des espèces...). Ce constat
nous conduira inévitablement à évaluer le prix du vivant qu'il conviendra d'intégrer dans la balance économique.
Ainsi, le papillon, la loutre ou l'aigle royal seront tarifés.
En attendant qu'ils apparaissent clairement dans les comptes, les tribunaux américains ont ouvert la voie lors
du naufrage de l'Exxon Valdez en indemnisant les oiseaux affectés. De même, le « préjudice écologique » demandé
par la Ligue pour la protection des oiseaux lors du procès Erika, a été reconnu. Une première qui crée une
jurisprudence environnementale...
Ainsi donc, le vivant devra tôt ou tard trouver son coût. Cette légitime valorisation sera alors confrontée à une
autre réalité : l'intérêt mercantile que certains pourraient lui porter...
ECoLo RIgoLo
Le « DD » entre en scène
Pour que l'écologie soit aussi ludique qu'agréable,
Auxili'art, pool artistique de l'association de conseil
en développement durable (DD)
Auxillia,
propose
divers
spectacles - pièces de théâtre,
numéros de clowns - destinés
aux entreprises, collectivités
et établissements scolaires.
Une
manière
astucieuse
d'éco-responsabiliser le public, à
travers des sujets comme le tri
des déchets, les déplacements ou l'économie
d'énergie. Sous vos applaudissements !
www.auxilia.asso.fr
un éléphant (indien), ça pollue énormément...
Rituel immuable durant le festival Ganesh Chaturthi en Inde, des milliers de statues du dieu éléphant hindou sont plongées
dans la mer ou dans des cours d'eau. Un véritable problème pour l'écosystème, dévasté par la peinture chimique et les
accessoires en plastique. Les écologistes sont dont montés au créneau.
Progressivement, les fidèles renouent avec les effigies d'antan, faites d'argile et de colorants naturels, oubliant les substances
toxiques telles que les peintures au plomb ou au mercure. Les habitants de Mathrewadi, en banlieue de Bombay, ont même
créé une réserve d'eau de 300000 litres pour immerger leurs idoles. Réserve dans laquelle les fabricants de statues viennent
récupérer l'argile de Ganesh. Et la boucle est bouclée.
Eco... glamour
Ecologie et sex
y font aussi bo
n ménage...
La preuve avec
Keeley Haz
ell, pin-up d'O
utre-
Manche,qui n'a
pas hésité à po
ser en page 3
du quotidien b
ritanniqueThe
Sun, seins nus,
le corps
peint en vert,p
our sensibiliser
les lecteurs
au changemen
t climatique.C
elle qui recycle
ses déchets et
n'utilise que de
s ampoules
basse consom
mation conseill
e
notamment de
« faire l'amour
dans le noir po
ur économiser
l'énergie »...
Une idée
lumineuse !