cocooner |
• Dans le monde, le secteur du jouet représente un chiffre d’affaires
de 80 280 milliards de dollars.
• Dans l’Union européenne, 80 millions d’enfants ont moins de 14 ans
et 11 600 milliards d’euros de jouets sont importés chaque année.
• 477 jouets ont été signalés dangereux.
Source: www.toy-icti.org
leurs poumons encore immatures
et leur système immunitaire en pleine
formation.
NE JOUONS PLUS
AVEC LEUR SANTÉ !
Dès la fin des années 1990, l’ONG WECF
(Women in Europe for a Common Future)
s’est impliquée dans les conventions
internationales pour inciter les industriels
à ne plus jouer avec la santé de nos bambins.
Un Guide jouets a été rédigé lors de la révision
de la directive sur leur sécurité. En téléchargement
libre sur www.projetnesting.fr, il alerte
les parents sur les produits dangereux
susceptibles d’être contenus dans les poupées,
peluches ou jeux électriques.
Que faire en attendant une réglementation
plus stricte ? Privilégier les matières naturelles
(coton bio, bois brut…), les modèles peints
avec des peintures naturelles à l’eau et sans
parfums, parfois allergènes. Heureusement,
aujourd’hui, on voit débarquer sur le marché
des jouets éco-conçus ou plus respectueux
L’Europe restera-t-elle encore longtemps un vilain
petit canard en matière de fabrication des jouets ?
de l’environnement et de la santé. La WECF
réunira, le 17 novembre prochain, à Paris,
les acteurs du secteur pour encourager
les bonnes pratiques, du choix des matières
premières aux processus de fabrication.
L’alternative ? La substitution qui permettrait
d’avoir recours à des matériaux moins nocifs
et à des techniques innovantes : par exemple,
remplacer les colorants azoïques par des colorants
alimentaires. Pour que personne n’oublie
que jouer est une affaire sérieuse !
* www.wecf.eu/
© WECF
bobo !
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 45
| savourer
Ramenez votre fraise !
C’est l’un des fruits préférés des Français – peut-être parce qu’il annonce l’arrivée de l’été.
C’est pourquoi la fraise est accommodée à toutes les sauces : nature, en tarte, en confiture,
dans les yaourts, les glaces… Nous en consommons 130 000 tonnes par an, soit environ
2,5 kg par personne. Pourtant, sa production n’est pas
très rose, notamment en Espagne. Selon le WWF,
les fraises espagnoles – qui représentent 71 %
des importations de fraises dans notre pays – ont
un impact catastrophique sur l’environnement :
utilisation de quantités massives de produits
chimiques pour la préparation du sol, de
tonnes d’eau pour l’irrigation des cultures
sous plastique et hors sol et un goût n’a
plus rien à voir avec celui de notre
enfance ! Alors, que faire ? Ne manger
que des fraises françaises, locales si possible,
ou encore mieux, bio, et seulement pendant
la bonne saison, c’est-à-dire d’avril à septembre.
UNE RECETTE DE SAISON
LA TARTE FRAISES-RHUBARBE
PRÉPARATION : 15 À 20 MINUTES
REPOS : 1 HEURE AU MINIMUM
CUISSON : 35 MINUTES
INGRÉDIENTS POUR LA PÂTE SABLÉE
• 1 œuf bio • 250 g de farine • 125 g de
sucre • 100 g de beurre • 1 pincée de sel
INGRÉDIENTS POUR LA TARTE
• 500 g de fraises • 250 g de rhubarbe
• 100 g de sucre • jus d’un demi-citron
PRÉPARATION
Pour la pâte sablée
Mélangez la farine, le sucre et la pincée de
sel. Ajoutez-y l’œuf délayé et commencez
à pétrir. Mettez-y le beurre mou, puis continuez
à pétrir pour obtenir une pâte homogène.
Laissez reposer une heure.
Pour la tarte
Préchauffez le four pendant 10 minutes
à 180 °C (thermostat 6). Lavez les tiges
de rhubarbe, puis découpez-les en tronçons.
Mettez-les dans une casserole avec le sucre,
recouvrez d’eau et laissez mijoter pendant
15 minutes, en remuant de temps en temps,
pour obtenir un coulis un peu épais. Étalez
la pâte sablée et placez-la dans le moule.
Répartissez le coulis dans le fond de la tarte
et enfournez 12 à 15 minutes. Coupez
les fraises en deux. Sur la tarte encore
chaude, déposez-les en cercle. Enfournez
de nouveau 5 minutes.
56 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| participer zests
L’humeur de Christophe Besse
ILLUSTRATION : CHRISTOPHE BESSE
« Allô, la réception ? Dites, la meute de loups au pied de l’arbre, c’est bien une prestation
prévue dans le pack Nuit romantique dans les cimes ? »
La chronique économique de Julie Renauld
LE COVOITURAGE, ÇA ROULE !
« Ponctuel. Respect
des limitations de vitesse.
Discussion continue tout le long
du trajet avec anecdotes
très drôles et visite culturelle !
À refaire sans hésiter… Merci, Jean-Jacques,
pour ce trajet ! » Voilà ce qu’on peut lire
sur la fiche de ce covoitureur qui offre
à ses compagnons de route de faire Paris-Lyon
pour 34 € seulement. Il leur en coûterait
le double par le train, et l’avion serait huit fois
plus cher.
Des covoitureurs, on en trouve plus d’un million
sur www.covoiturage.fr, leader en France
du principe de partager sa voiture et les coûts.
Cette idée est née, une veille de Noël,
dans la tête de Frédéric Mazzella, qui tentait
de rejoindre les siens en Vendée, alors que
les trains étaient pris d’assaut.
© DR
Il crée alors Comuto, société éditrice
du site Internet, en 2004. Une solution
peu coûteuse pour les particuliers et, surtout,
moins émettrice de CO 2
, puisque les rejets
du véhicule (indiqués sur l’annonce) sont
répartis entre tous les passagers. À la différence
de l’auto-stop, ce système est organisé,
encadré, l’identité du chauffeur est connue,
donc plus fiable. L’inscription sur le site
Web est gratuite, et le prix du voyage fixé
par le conducteur.
Frédéric Mazzella a décliné le concept
pour les entreprises et propose aux salariés
de partager leurs trajets domicile-bureau
grâce à des plateformes sur mesure mises
au point par Comuto. La société a fait des petits
et existe en Espagne et en Grande-Bretagne.
Green Dating - Les Rendez-vous
de l’économie durable - Directrice générale
4 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
limentaire,
savourer |
Vouloir maigrir, s’acharner à suivre des régimes, alors que
les bénéfices ne sont pas toujours évidents et les risques
pour la santé non négligeables, c’est de l’obsession ! La bonne
méthode ? Quelques réflexes logiques et un peu de rigueur. Par Fabienne Broucaret
1 - Mangez moins de viande et plus
de protéines végétales, en associant céréales
et légumineuses : tofu, lentilles, pois chiches,
azukis, soja, haricots… Ces protéines vertes
sont exemptes de cholestérol, pauvres
en lipides saturés et sources de fibres.
2 - Fuyez les produits
industriels et raffinés :
les biscuits, plats préparés,
gâteaux apéritifs…
3 - Préférez les produits
bio, locaux et de saison.
LES DIX BONNES HABITUDES À PRENDRE
4 - Équilibrez les aliments
acidifiants (viande, alcool,
bonbons…) et ceux réputés
pour leurs vertus alcanisantes
(lait, infusions de plantes, soja, amandes…).
5 - Évitez de grignoter entre les repas.
L’Agence de sécurité sanitaire
de l’alimentation (Anses) a étudié
quinze types de régimes différents
à la loupe pour constater leur
danger : dans plus de 80 % des cas,
l’apport en protéines est supérieur
à l’apport nutritionnel conseillé.
Dans plus de la moitié, celui
en sodium dépasse les limites
recommandées par l’OMS et, pour
23 % d’entre eux, le besoin moyen
en calcium n’est pas couvert.
Enfin, dans trois diètes sur quatre,
la consommation de fibres est
insuffisante.
En cas de fringale : quelques amandes qui ont
un index glycémique bas, des bâtonnets de
légumes crus ou un verre de jus de tomate.
6 - Variez les plaisirs pour éviter la lassitude.
7 - Modérez les quantités.
Mangez lentement et dans
des petites assiettes.
8 - Bougez au moins
trente minutes par jour :
marche, natation… tout
est permis !
9 - Hydratez-vous
au cours de la journée,
notamment en dehors
des repas.
10 - Dormez ! Le manque de sommeil
ne favorise pas la perte de poids.
© DR - VECTORSTOCK
Trois livres incontournables
■ Ceci n’est pas… un régime,
de Lylian Le Goff et Laurence Salomon, chez Marabout, 15 €.
■ Je mange et je suis bien,
de Florence Pujol, aux éditions Puf, 18 €.
■ Les Règles d’une saine alimentation,
de Michael Pollan, aux éditions du Trésor caché, 6,90 €.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 53
| s’aimer
Chaussures
à son pied
Il n’y a pas que les Converse dans la vie ! Matériaux recyclables,
cuir naturel végétal, semelles en fibres de noix de coco… Loin
de leur image baba cool, les chaussures écologiques révolutionnent
le monde de la mode avec leurs matières. Petit tour dans les rayons
pour choisir celles que vous adopterez cet été. Par Émilie Villeneuve
Nos chaussures laissent
une empreinte indélébile
sur notre environnement.
Confectionnées dans
des pays asiatiques
où les conditions de travail
ne sont pas décentes, elles sont
composées de matériaux
qui ne sont pas écologiques :
coton (la culture la plus polluante
au monde), cuir tanné au chrome
(un allergène) ou au cadmium (un métal
lourd nocif), caoutchouc et fibres acryliques
fabriqués à partir de benzène, un solvant
toxique classé cancérigène par l’Union
européenne… Heureusement,
de plus en plus de marques proposent
des alternatives pour le bonheur
de nos pieds… et de notre planète.
Alors, à vos marques, prêts, chaussez !
Comme dans des charentaises
Conçus pour tous les âges, de fabrication
française, les chaussons Koru Organic
sont fabriqués avec des peaux issues
d’animaux d’élevages biologiques.
Le tannage sans chrome, lui, est réalisé
avec des végétaux locaux (extraits d’écorce
de mimosa et de châtaigne). Très souples,
les modèles destinés aux 0-2 ans sont
à 34 €. Pour les plus grands et les adultes,
ils coûtent entre 38 € à 55 €.
www.koru-organic.fr
© VECTORSTOCK - KORU ORGANIC
28 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
participer |
© ILLUSTRATION : CHRISTOPHE BESSE - VECTORSTOCK
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 13
| voyager
Arbre du lac Kussharo – Hokkaido – Japon 2009
@ Michael Kenna
Invitation au voyage
Un arbre tourmenté comme une sculpture, un ours qui nous ressemble comme un frère,
un enfant en robe blanche, l’un des derniers Indiens Hach Winik à vivre encore dans la forêt
du Chiapas, au sud du Mexique… La forêt, avec ses beautés, ses souffrances et ses fragilités, est
le thème du 8 e Festival Photo La Gacilly, baptisé Peuples & Nature. Comme chaque année, ce petit
village breton se transforme tout l’été en galerie d’art géante, pour nous offrir les plus beaux
voyages à travers le monde. Jusqu’au 30 septembre. YB www.festivalphoto-lagacilly.com.
Lyuba, un bébé mammouth congelé, vieux
de 36 000 ans, découvert en péninsule de Yamal.
@Francis Latreille
Les Dolganes utilisent, depuis toujours,
à défaut de bois, l’ivoire de mammouth pour
fabriquer des pièces d’attelage pour leurs traîneaux,
des boutons de vêtements ou des outils.
@ Francis Latreille
74 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
voyager |
@ Fernand Albert/France
@ Marie-Louise Bernard/France
Les « peuples de la forêt » sont le sujet de prédilection
d’Image sans frontière, association internationale
de photographes amateurs.
@ Francis Tack/France
Ces cabanes de fortune, construites avec des détritus, servent d’abris d’infortune
aux immigrés venant d’Afghanistan ou du Kurdistan. @Jean Revillard
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 75
zests participer |
La chronique d’Allain Bougrain Dubourg
Devenons partenaires !
Comme beaucoup,
j’ai longtemps considéré
que, pour redonner du souffle
à la planète, il suffisait
d’informer et de convaincre.
Cette démarche (déjà ambitieuse !) devait
réveiller les consciences pour passer
enfin à l’âge de la responsabilisation. Fort
de cette conviction, la seule interrogation
valable était : « Combien de temps faudra-t-il ? »
Robert-Vincent Joule, directeur du laboratoire
de psychologie sociale à l’université de Provence,
vient de bousculer mon aimable certitude.
Après avoir passé plus de vingt ans dans
la recherche sur la question du changement
des comportements et des mentalités, il affirme
haut et fort qu’informer et convaincre est,
certes, indispensable, mais reste grandement
insuffisant. Que manque-t-il ? Le petit plus,
le levier qui permet de transformer les bonnes
idées en bons comportements.
Un exemple emprunté à la sécurité routière :
si vous demandez à des citoyens de planter
un grand panneau dans leur jardin, sur lequel
est inscrit « Ralentir, prudence », ils ne seront
que 16 % à en accepter le principe pour servir
la cause. En revanche, si dix jours avant,
vous leur proposez de faire un petit geste,
du type poser un autocollant (avec le même
message) sur leur voiture, ils deviennent
76 % à accepter la première proposition !
Robert-Vincent Joule résume la situation
en soulignant : « En pareil cas, on ne fait
plus la leçon, on devient partenaire. » Voilà
plus d’un demi-siècle que les chercheurs
étudient les modifications de comportement.
Leurs résultats sont à l’évidence sous-estimés.
Ils livrent aujourd’hui la clé que nous cherchions.
C’est ce détail qui fait l’indispensable différence,
même si chacun sait que le diable est dans
les détails !
Journaliste - Réalisateur - Président de la LPO
Mon beau sapin,
président des forêts
© SMADELINE COMMUNES FORESTIÈRES - DR
Un président élu à vie ? Dans le Haut-Doubs,
on élit chaque année le Sapin président. Les critères ?
Il doit être le plus beau et le plus grand (plus de 40 m).
Son nom, choisi par l’ONF ou par les communes,
fait référence à l’Histoire ou à une personnalité
locale. À 400 ans, celui des Fourgs est ainsi nommé
Edgar Faure, ancien président du conseil régional
de Franche-Comté. Si l’arbre meurt, il est abattu.
La forêt étant renouvelable, les présidents ont
de beaux jours devant eux. DR
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 5
© PHOTOGRAPHIE : FABIEN LEMAIRE, WWW.FABIENLEMAIRE.COM - STYLISME : FANETTE PESCH - ACCESSOIRES : ROSE MORAND - MANNEQUINS : SONIA GUITZ ET REI SHAFFER - MAQUILLAGE : LORIANE LEGER
Robe Milly rouge, 100 % soie,
avec col et ceinture en passementeries
traditionnelles Hmong.
Blouse Vy blanche, à col amovible,
et pantalon Julie, trois plis bleu marine,
100 % lin.
Robe Thuy Minh orange, 100 % soie,
avec empiècement de passementeries
traditionnelles Hmong.
(1)
Débardeur Katja fuchsia,100 % soie.
@
WWW.NEOPLANETE.FR
s’aimer |
La grande gagnante
de notre concours
Linda Mai Phung
C’est une jeune marque française, aussi créative
qu’éthique, qui nous a tapé dans l’œil : Linda Mai Phung.
Elle puise ses racines au Viêtnam, le pays d’origine
de la créatrice : « Je travaille en direct avec les ateliers
et les fournisseurs, explique-t-elle. Je veille à n’utiliser
que des matériaux issus du recyclage ou 100 % naturels.
J’inclus, dans mes lignes, des passementeries réalisées
par les artisans locaux ou les minorités ethniques
du Viêtnam, comme la broderie, le brocart ou le tissage
de jacquards ancestraux. »
1
PLUS DE PHOTOS SUR
RUBRIQUE S’AIMER
Sa nouvelle collection est poétique et raffinée,
avec des robes en soie ou en lin. Ludique aussi, grâce
à des pièces aux parties amovibles ou à un imperméable
et à une jupe fabriqués en sachets plastique recyclés,
issus de l’industrie agroalimentaire de Saigon.
Linda Mai Phung participera à l’Ethical Fashion Show,
du 1 er au 4 septembre, au Carrousel du Louvre,
à Paris.
Plus d’infos sur notre gagnante sur www.lindamaiphung.com
Néoplanète remercie le photographe Fabien Lemaire, Isabelle
Quéhé, d’Ethical Fashion Show, Régine Tandavarayen, d’Ethical
Trade Place/Shop et tous les participants.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 37
| s’aimer
3
1
2
soleil !
Après une timide percée en magasins, les produits solaires certifiés
biologiques envahissent les rayons. Une évolution capitale
pour l’écosystème marin qui souffre des résidus de ces cosmétiques.
Et pour notre santé. Voici la crème des crèmes. Par Fabienne Broucaret
Les vacances arrivent à grands pas et notre meilleur allié,
le soleil, peut devenir notre plus grand ennemi. Alors,
avant de faire le lézard sur la plage ou à la piscine, n’oubliez
pas d’emporter votre tube de crème solaire. Oui, mais
laquelle choisir ? Bio ou classique ? Sachez que la crème
solaire bio, elle, ne contient que des filtres minéraux, donc
naturels. Ce sont des micropigments, comme le dioxyde
de titane ou l’oxyde de zinc, qui reflètent les rayons du soleil.
Et elle respecte aussi l’écosystème marin. Dans un produit
classique, les filtres qui font écran contre les UV sont issus
de la pétrochimie et on les soupçonne non seulement
d’avoir des répercussions sur notre équilibre hormonal,
mais aussi de polluer les mers. En effet, 4 000 tonnes
de résidus chimiques se déposeraient chaque année
sur les massifs coralliens. Un désastre écologique à l’origine
de la diminution de la concentration du plancton,
un micro-organisme marin à la base de la chaîne alimentaire
aquatique. Alors, l’été sera bio ou ne sera pas !
À CHACUN
SON TUBE !
Nous avons
sélectionné
des crèmes solaires
certifiées bio, sans
nanoparticules,
qui sont encore
sujettes à nombre
de controverses
quant à leur pouvoir
de pénétration
dans le derme.
© JANBAT
34 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| cocooner
Ah, qu’elle est verte,
ma rentrée !
Être écolo à l’école, ce n’est pas seulement bien choisir
ses fournitures scolaires, c’est aussi adopter certains réflexes
quand on fait ses courses de la rentrée. Par Delphine Rabasté
Papier recyclé, stylos rechargeables,
trousses en coton bio… Aujourd’hui,
si l’on trouve, dans les rayons des magasins,
un plus vaste choix de fournitures scolaires
vertes, il faut ouvrir son portefeuille : selon
l’association France Nature Environnement,
en 2010, elles coûtaient deux fois et demie
plus cher que les premiers prix. Pourtant,
le marché séduit les consommateurs :
les producteurs et les distributeurs – comme
E.Leclerc, avec sa gamme Esquisse Vert –
s’y sont lancés et, désormais, les fabricants
s’y mettent aussi. « Lors de la dernière rentrée
scolaire, nous avons créé des trousses
et des cartables pour Petit Bateau et Pilot,
explique David Bouvet, fondateur-directeur
de Coq en Pâte Éditions, un site d’accessoires
éthiques. C’est important que les grandes
marques s’investissent dans ce genre de produits
car elles pourront convaincre un plus large
public. Avec l’offre qui augmente, les clients
auront la possibilité de choisir. »
Et la demande est là : selon une enquête
réalisée par www.consoglobe.com, un site
de conseil en consommation durable, l’impact
38 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| participer zests
@
WWW.NEOPLANETE.FR
PLUS DE DESSINS SUR
RUBRIQUE PARTICIPER
Rirenvert
S’amuser de l’écologie ? Pas évident !
Eh bien, c’est le sujet du premier concours d’affiches et de dessins
humoristiques qui s’adresse aux étudiants ! Organisée par l’association
Rirenvert et en partenariat avec Néoplanète, sur le thème
« Dessinez l’écologiste de 2050 », l’opération est parrainée
par Cabu, excusez du peu ! Voici une sélection des illustrations
présentées.
Les résultats sur www.neoplanete.fr
© CAROLE MORLOT - DETHOREY ZÉLIE - DIANE ROSSI LORIENT - LILAS OZANNE - MAUDE LECOMTE - SANDRA WILLAUER - VINCENT TSUI
10 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
© DR
ÇA VA
ÊTRE LA
JAVA…
C’est Soran, près
du célèbre temple
de Prambanan, sur l’île de Java, qui va devenir le premier
village écotouristique du monde, grâce au partenariat
d’Habitat For Humanity Indonésie et d’Asia Pulp & Paper.
Plus de 420 hébergements écologiques accueilleront
les touristes – qui en profiteront pour visiter des temples,
parmi les plus anciens – et offriront à la population locale
des perspectives économiques durables. EP
zests voyager |
Lorient
Express
L'île de Groix,
la fameuse
rade de Lorient et ses trois
vallées traversées par des
rivières… 80 formules pour
découvrir Lorient, classée
Ville d’Art et d’Histoire,
et sa superbe région. Parmi
les offres : une rando au bord
de la mer, en gyropode
Segway (un transporteur
personnel écologique),
une virée en Batobus
et une chevauchée
sur un Cruiser (vélo inventé
par les surfeurs californiens).
Trois gammes de séjours
au menu : Séduction, Tentation
et Passion, à partir de 69 €. CD
Plus d’infos sur www.breizh-box.fr
Crédit photo : Thinkstock
| 71
ÉCO KIDS
J’suis
la plus belle,
d’abord !
Robe Kidcase, de la nouvelle
boutique bio petitvert.fr créée
par deux mamans qui veulent
le meilleur pour leurs chères
têtes blondes. De 3 à 6 ans.
36 €. YB
© DR
DES ENFANTS ENGAGÉS !
Voler au secours d’iguanes
ou protéger des koalas
d’un braconnier sans pitié…
Claire, Thomas et Julien,
trois frères et sœurs, sont prêts à tout pour défendre
les espèces en voie de d’extinction. Des koalas
dans la fournaise (tome 1) et Iguane parc (tome 2),
d’Alphanim, collection Les Sauvenature, chez Castor
Poche Cadet/Flammarion, 6,50 €. Dès 8 ans. DV
POUR LES TOUT-PETITS
Animaux en danger, maison écologique,
tri des déchets ou transports nonpolluants,
autant de sujets abordés
pour une première sensibilisation
des tout-petits, avec des illustrations
rigolotes et modernes. L’Imagier
de l’écologie, collection Imagiers Créatifs,
aux éditions Cerise Bleue, 9,90 €. Dès 2 ans. DV
© DES KOALA DANS LA FOURNAISE SAUVENATURE T1 - IGUANE PARC SAUVENATURE T2
Brillant doudou
Papili a eu la lumineuse idée de lancer un doudou-veilleuse
qui accompagne le sommeil de bébé en s’éteignant
progressivement au fil de la nuit. Fabriqué selon les principes
du commerce équitable, ce petit lapin en coton
bio fonctionne sans pile, grâce au principe
de la photoluminescence. Quelques instants
à proximité d’une source de lumière naturelle
ou artificielle suffisent à le recharger. L’entreprise
– installée à Clermont-Ferrand – a été fondée,
en 2006, par Lucile Bernadac, jeune maman effrayée
par l’absence d’offre « certifiée respectueuse de l’homme
et de l’environnement » dans le monde du jouet. Elle vend
des doudous en coton biologique et équitable provenant
du Sénégal, certifiés « commerce équitable », et 80 modèles de jouets
textiles éthiques. 22 € le doudou-veilleuse. AD
Plus d’infos sur www.papili.org
© PAPILI - DR
42 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| voyager au pays des animaux
La chronique de Marie-Christine Favé (1)
DES TROUBLES DU COMPORTEMENT…
PAS SI BÊTES
Un chien qui se lèche les pattes, une chatte qui urine dans le salon…
Un animal malade, ou dont le comportement devient inhabituel,
a quelque chose à dire, à vous dire.
Ainsi, Jumbe, petit caniche qui mène une vie
apparemment paisible. Mais ses troubles
permettront d’identifier la terreur qu’il ressent,
liée à la menace de son territoire. Le danger
vient d’une personne du voisinage.
Isabelle, sa maîtresse, réalise
alors combien, elle aussi, vit
dans une insécurité permanente.
Nos animaux nous révèlent
des situations problématiques.
Mais un chien ne s’exprime pas
comme un cheval. Chaque
espèce animale a ses modes
et ses codes de vie, d’expression
et de communication. Il s’agit donc
de décrypter leur propre langage,
afin d’éviter la tentation de l’anthropocentrisme (2)
et de l’anthropomorphisme (3) .
L’animal perçoit également souvent
les déséquilibres avant les humains.
Ainsi, Poly, poney shetland, qui refuse
de sauter les obstacles. Lors de la consultation,
on comprend sa difficulté à assimiler
les consignes. Et Paul, son petit cavalier,
annonce que lui non plus ne saisit pas
ce que l’institutrice lui demande à l’école.
Son père et sa mère prennent alors
conscience des raisons
de son comportement récent
à la maison. Poly a été, ici,
le porte-parole de Paul et lui a
permis de renouer le dialogue
avec ses parents.
(1)
Vétérinaire
Anthropocentrisme (2) : mot d’origine
grecque, composé d’anthropos
(homme) et de centros (centre).
Il définit une tendance de l’homme
à se considérer comme le centre
du monde et à croire que l’ensemble de l’univers
agit en fonction de lui.
Anthropomorphisme (3) : mot d’origine grecque, composé
d’anthropos (homme) et de morphé (forme). Il recouvre
une tendance actuelle de l’être humain à attribuer ses propres
caractéristiques aux autres, aux animaux, aux objets,
voire aux idées.
© FABIJU - DR
Remède de cheval
Ceux qui murmurent à l’oreille des chevaux savent que ces derniers ne mentent
jamais. Et qu’ils nous permettent de mieux comprendre notre propre vie,
de changer notre regard. Le dresseur canadien Chris Irwin va plus loin :
ces animaux seraient capables de nous aider à améliorer nos sociétés.
Parce que, malgré leur puissance, ils ont réalisé que le respect du groupe
et l’entraide étaient plus efficaces que la guerre. Après nous avoir donné
la chance de conquérir la planète, les chevaux pourraient bien nous éclairer
pour bâtir un monde plus altruiste, où les hommes ne seraient plus des prédateurs
mais des complices. Un message à diffuser au grand galop ! YB
Les chevaux ne mentent jamais, de Chris Irwin, Au Diable Vauvert.
80 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
s’engager |
Grâce à Michel Pascal (à droite), auteur du livre Notre crise est une chance (voir pp. 12-14)
et grand ami du moine bouddhiste, Néoplanète a eu la chance d’obtenir une interview
de Matthieu Ricard (à gauche).
© DR
humanitaires auxquels nous consacrons,
chaque année, un million d’euros
(www.karuna-shechen.org). Chaque centime
compte, l’argent n’est pas à mépriser, c’est
un moyen comme un autre ! Nous n’avons
que 4 % de frais de fonctionnement, ce dont
nous sommes très fiers ! Tout le reste finance
nos actions d’éducation et de santé.
Nous soignons 100 000 patients par an,
nous construisons des écoles, des ponts
et nous préservons les cultures.
M. P. : Tout le monde peut être altruiste,
même ceux qui ne possèdent rien ?
M. R. : J’ai justement rencontré un enfant
suisse qui m’a donné toute sa tirelire
pour contribuer à la construction
d’une école en bambou au Népal. Chacun
d’entre nous peut avoir des rapports
harmonieux avec son entourage, au lieu
d’être dans le conflit.
M. P. : Et dans le monde de l’entreprise,
est-ce moins évident ?
M. R. : On peut être moins agressif,
plus flexible, attentif, vouloir partager
ses réussites. Et développer des actions
sociales. Le chef d’entreprise est important,
il donne le ton altruiste. Les sociétés,
qui ont une politique sociale et qui tiennent
compte de la qualité de vie de leurs employés,
sont des sociétés qui tourneront bien.
M.P. : Que devrait faire un président
de la République pour améliorer
la qualité de vie de ses concitoyens ?
M. R. : Le bien-être se mesure. Par exemple,
quel type de loi améliorerait la qualité de vie ?
On ne peut pas se dire que le bien-être
est un sous-produit du développement
économique. D’ailleurs, le gouvernement
français a prévu de réunir une commission
pour étudier les critères du bien-être.
On verra ce qu’elle en conclut !
M. P. : L’idée de changer passe-t-elle
par la méditation ?
M. R. : La méditation est un nom un peu
exotique, mais l’entraînement de l’esprit, oui !
On ne peut pas changer tout à coup
notre manière d’être. Cette crise, les gens
ne l’ont pas désirée, mais, finalement, vont-ils
saisir l’opportunité de changer ? J’ai peur
que l’on ne soit soulagé quand les marchés
reprendront, et que, de nouveau,
apparaisse cette anesthésie provoquée
par le ronronnement d’une prospérité
momentanée qui ne résoudra rien.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 19
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CARTABLE
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composées de résine et de solvants
volatils toxiques, tels l’acétone,
le toluène ou le formaldéhyde,
pouvant provoquer maux de tête
et allergies. Préférez une colle
à l’eau ou à base de fécule
de pomme de terre. Le bâton
de colle Scotch est constitué
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liquide, à base d’amidon
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en plastique sont souvent
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dans le compost. Mieux que rien :
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Papier. Une tonne de
papier recyclé épargne
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90 % d’eau et 50 %
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recyclées, à l’instar
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40 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
GRATUIT
MAI 2011
| voyager zests
✁
LA TORTUE FAIT LA COURSE
Avril 2011, l’aquarium
de La Rochelle a soufflé
ses dix bougies. À cette
occasion, il a choisi d’armer
un bateau aux couleurs
des tortues marines.
Pourquoi ? Parce que
le site s’investit depuis
plus de vingt ans
dans la sauvegarde
de ces espèces. Baptisé
La Tortue de l’aquarium
La Rochelle et construit
entièrement en fibres de
carbone, le navire mettra
le cap vers Bahia, pour porter son message vers les lieux de pontes situés de l’autre côté
de l’Atlantique. Aux commandes depuis le 1 er avril et jusqu’en septembre prochain : Aymeric
Chappellier, skipper et ingénieur architecte naval. Ses missions ? Faire participer son équipage
au recyclage des déchets en mer et sur terre,ainsi que rencontrer des scolaires pour partager
son expérience, ses connaissances et son respect de la mer. Et cerise sur le bateau : l’aquarium
de La Rochelle offre un cadeau à tous les enfants âgés de 10 ans,
tout au long de l’année. CV
[21][ ]
[21
Néoplanète chez vous...
LE MAG DE L’ENVIRONNEMENT
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82 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| participer zests
La chronique droit de maître Nicolas Gardères
« ÔTE-TOI DE MON SOLEIL ! »
La fameuse invective adressée par Diogène à Alexandre le Grand devrait
être sur toutes les lèvres, au regard de la situation de l’énergie solaire et,
plus globalement, des énergies renouvelables en France depuis deux ans.
La France est la championne du monde
de l’énergie nucléaire. Car elle est la moins
chère, la plus efficace, la plus sûre, la plus propre,
la plus française, la plus exportable,
la plus sympa, la plus fiable,
la moins émettrice de gaz à effet
de serre, la plus chouette…
Elle est aussi le plus puissant
lobby français.
N’ayant pas
de compétence
autre que celle
d’un citoyen
pour en juger, je me
contenterai de noter
que l’énergie nucléaire
n’a jamais fait l’objet
dans notre pays
d’un débat démocratique,
qu’elle génère d’encombrants
déchets et, qu’apparemment (je parle
sous le contrôle des liquidateurs de
Tchernobyl et de Fukushima), elle peut
présenter certains risques pour la santé
humaine et l’environnement. Je relève aussi
que certains de nos amis proches ont décidé
d’abandonner cette source d’énergie.
L’ÉNERGIE SOLAIRE, UN NUAGE
DANS LE CIEL FRANÇAIS ?
En tant que juriste, je me permettrai
de souligner que le cadre juridique
et économique des énergies renouvelables,
en particulier solaire et éolienne, s’est
dramatiquement durci chez nous,
au cours des deux dernières années.
Depuis la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010,
les grandes éoliennes sont ainsi soumises
au régime très contraignant des installations
classées, au même titre, par exemple,
qu’une usine produisant
des substances toxiques.
Une complexification
et un coût qui ralentissent
le développement
de la filière.
Plus significatif encore,
le cas de l’énergie
solaire. En effet,
en 2010, les tarifs
de rachat de l’électricité
produite ont été baissés
à trois reprises, et ce
de manière considérable.
Enfin, l’arrêté du 4 mars 2011
a renversé le mode de développement
de la filière, en passant de la simple initiative
privée à une logique d’appels d’offre qui
permettra à l’État d’encadrer, de contrôler
et de décider du lancement des projets
et, donc, de freiner l’essor de l’énergie solaire.
Ces questions, souvent accaparées
par les experts, sont en réalité éminemment
politiques. Espérons qu’elles fassent,
lors de la prochaine campagne électorale,
l’objet d’un débat polulaire à la hauteur
de l’enjeu qu’elle représente pour nous tous.
Avocat à la cour et vice-président
de l’association Entreprendre vert
© VECTORSTOCK - DR
8 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| voyager
Luxe, calme et…
zéro carbone
Après le développement du tourisme solidaire et de l’éco-tourisme,
voici le tourisme « décarboné ». Ou comment repenser sa façon
de voyager. Par Catherine Levesque
Ce magnifique site naturel doit être préservé. Une promesse que la région Picardie
s’est engagée à tenir avec le programme Baie de Somme Zéro Carbone.
© CDT 80
76
| NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| s’aimer
Mince alors !
Pour perdre quelques kilos et combattre la cellulite, vous pouvez
désormais compter sur des produits biologiques et naturels. Voici
à quels soins se vouer ! Par Fabienne Broucaret
ESSENTIEL, LES HUILES !
Autant l’annoncer tout de suite : si seules,
les huiles essentielles ne font pas mincir…
elles augmentent les effets d’un mode
de vie sain qui repose sur l’adoption
d’une alimentation équilibrée. Et ce n’est
déjà pas si mal ! Un exemple ? L’huile de pépins
de raisin, régénérante et hydratante, est
un excellent tonifiant du système
lymphatique. Accompagnée d’autres huiles
telles que le cyprès, le cèdre, la cannelle,
la lavande, le citron ou l’orange, elle peut
améliorer l’aspect de l’épiderme et réduire
les capitons, responsables de cette fameuse
peau d’orange. Il suffit d’en diluer quelques
gouttes dans une huile végétale pour le corps
et de masser les zones concernées. Optez
toujours pour des huiles biologiques, 100 %
naturelles, pures, intégrales ou complètes.
Privilégiez celles qui affichent les labels HECT
et HEBBD certifiant la qualité du produit fini.
Dernier point : le nom en latin est indispensable
pour identifier la source botanique.
Attention, ces huiles sont à proscrire
pour les femmes enceintes ou qui allaitent.
VIVE LES MASSAGES !
Pour lutter contre la rétention d’eau,
le massage est une solution efficace.
Certaines techniques, comme le palper-rouler,
stimulent en effet la circulation de la lymphe,
relancent le retour veineux et favorisent
© DR
Un zeste de shopping contre la peau d’orange
GamARde. Le programme Effislim de la marque se déroule en deux étapes.
On applique d’abord le Gel caféine active (35,60 € les 200 g) pour réduire l’aspect
peau d’orange. Il associe de la caféine naturelle à un extrait de bourgeon de figuier.
On utilise ensuite l’Huile drainante active (28,50 € les 200 ml) qui stimule
la microcirculation cutanée avec, entre autres, de l’argan, du pin et de la cannelle.
www.gamarde.fr
Melvita. La gamme Algascience se compose d’une Crème minceur,
affinante (24 € les 150 ml), et d’un Gel minceur (24 € les 150 ml),
qui allient tous deux les qualités raffermissantes du Fucus vesiculosus
et de la caféine. Sans oublier l’Huile minceur, remodelante (17,90 €
les 100 ml), qui conjugue les vertus tonifiantes du géranium ou du pin
avec les qualités du Gelidium cartilagineum. Cette algue rouge aide à tonifier
les tissus en provoquant la libération des acides gras.
www.melvita.fr – Et aussi Phyt’s, Bioexigence, Weleda, Centella…
32 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
s’aimer |
L’arnica,
un vrai cas !
l’élimination des toxines
et des cellules graisseuses.
Ce type de massages – qui n’est
pas une séance de relaxation – est
pratiqué par les kinésithérapeutes
et les masseurs professionnels.
Vous pouvez le réaliser
vous-même, en insistant
énergiquement sur les cuisses,
les fesses, les hanches, les genoux
et les mollets par un mouvement
circulaire allant de bas en haut.
Autre méthode naturelle :
le drainage lymphatique manuel.
Son intérêt ? Selon le procédé
du docteur Vodder initié
dans les années 1930, il influe
favorablement sur le liquide
contenu dans notre corps.
En déplaçant la peau en direction
de l’évacuation de la lymphe
par des mouvements circulaires,
avec une pression légère
qui augmente et diminue
progressivement, il facilite
le nettoyage, la désintoxication
et le désengorgement des ganglions
lymphatiques. Il permet aussi
d’améliorer l’élasticité des tissus
et la fermeté de l’épiderme.
Plus d’infos sur
www.drainage-lymphatique-vodder.com
De la famille des astéracées, comme
la camomille ou le souci, l’arnica est
une fleur jaune qui pousse en altitude
et fleurit dès fin juin. Idéale pour soigner
les hématomes, elle est prisée des sportifs
pour la récupération musculaire.
Par Fabienne Broucaret
Aussi appelée plantain des Alpes, tabac des Vosges
ou quinquina du pauvre, cette plante médicinale
affectionne les sols acides, les prairies d’altitude maigres,
bien exposées, et les climats rudes. On la trouve dans
les Alpes, les Pyrénées, le Massif central et les Vosges,
dans la région des Hautes-Chaumes. Depuis quelques
années, le territoire vosgien de l’arnica s’est réduit
comme une peau de chagrin, à cause de l’élevage
intensif et de l’explosion touristique. Il couvre aujourd’hui
20 hectares, fait partie du réseau européen Natura 2000
et bénéficie de la protection du Parc naturel régional
des Ballons des Vosges.
UNE CHAMPIONNE POUR LES SPORTIFS
Weleda se sert de l’arnica sauvage depuis plus
d’un demi-siècle pour ses préparations pharmaceutiques
et cosmétiques, avec Vosges Développement,
une association de producteurs cueilleurs. L’huile
de massage de la marque est élaborée à partir d’extrait
d’arnica, d’huiles d’olive et de tournesol bio, d’extrait
de feuilles de bouleau bio et d’huiles essentielles
de lavande ou de romarin (à partir de 7,90 € les 50 ml).
On l’applique avant l’activité sportive pour limiter
les contractions musculaires, ou après, pour éviter
les courbatures. Si nombre de pommades en contiennent,
l’arnica est aussi utilisée en granules homéopathiques
pour la prévention et le traitement des hématomes.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 33
savourer |
thermos en acier inoxydable (24,95 €),
chez Nature & Découvertes. Encore mieux ?
Sur www.tendances-traditions.com,
la bouteille réutilisable Bobble est dotée
d’un filtre avec du charbon actif
intégré dans son bouchon (11 €).
Éco-responsable, elle permet
de purifier jusqu’à 150 litres
d’eau du robinet avant
de changer le filtre. Et
elle ne contient ni phtalates
ni bisphénol A.
DU COTON OUI,
MAIS BIO
Qui dit pique-nique,
dit cabas et couvertures.
Pourquoi choisir du coton
bio ? Parce que la culture traditionnelle
du coton est l’une des plus polluantes :
elle représente 2,5 % des surfaces cultivées,
mais 25 % des insecticides utilisés sur la planète.
Sur les étiquettes, guettez les labels Oeko-Tex,
ETKO et GOTS (Global Organic
Textile Standard). Ce dernier réunit
les grands acteurs mondiaux
de la filière textile naturelle
et garantit la production
écologique. Chez Nature
& Découvertes, achetez
le baluchon qui offre quatre
coussins tout ronds, en coton
bio certifié par ETKO
(49,90 €). Ou optez
pour le cabas qui recèle,
lui aussi, de jolis coussins colorés.
© PHOTOS : BENOÎT BRUN - STYLISME PHOTO : FOODSTYLE (RECETTE) - DR
Salade de pois chiches germés au coulis d’abricots
Une recette de Valérie Cupillard pour La Vie Claire.
INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES
120 g de pois chiches, 2 carottes,
une douzaine de haricots verts,
sel fi n de Guérande, poivre blanc
moulu, 2 abricots, 3 c. à s. d’huile
d’olive douce.
PRÉPARATION
● Faites tremper les pois chiches
pendant une nuit dans un saladier
d’eau. Le lendemain, rincez
et étalez-les dans un germoir.
Comptez un à deux jours
pour qu’ils germent et passez-les
sous le robinet, matin et soir.
● Dès que les germes ont percé,
mettez les pois chiches à cuire
à la vapeur douce, dans le panier
d’une cocotte à fond épais,
avec les carottes coupées en dés
et les haricots verts tranchés
en petits tronçons.
● Laissez cuire environ 15 minutes
avant d’éteindre le feu. N’ôtez pas
le couvercle pour que la cuisson
continue tout en maintenant
les pois chiches au chaud.
● Pour préparer le coulis, mixez
les abricots coupés en morceaux
avec l’huile d’olive. Selon la variété
des fruits que vous aurez achetés,
vous aurez peut-être besoin
d’ajouter quelques cuillerées
d’eau, de façon à obtenir
une consistance de coulis.
Assaisonnez avec le sel et le poivre
blanc. Enfin, mélangez avec les pois
chiches encore tièdes.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 59
| savourer
Taboulé de quinoa
aux graines germées
Une recette de Frédéric Marr,
fondateur du concept de nutrivitalité * .
INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES
150 g de quinoa, 1 petit concombre, 1 petit
fenouil, 1 poignée d’herbes fraîches (coriandre,
cerfeuil, menthe, persil), 1 poignée de graines
germées, quelques noix de cajou légèrement
rôties.
En coton bio,
cet ensemble
est fabriqué
en Inde de
manière
artisanale
(45 €).
Autre
idée :
les paniers
en palme, comme celui
vendu chez Botanic (13,50 €).
POUR L’ASSAISONNEMENT
Le jus de 2 citrons verts, 8 c. à s. d’huile d’olive,
2 c. à s. d’huile précieuse au choix (noisette,
carthame, cameline), 4 c. à s. de tamaris,
1 oignon blanc (coupé très fi n), 1 gousse d’ail
(coupé très fi n).
PRÉPARATION
● Faites cuire le quinoa pendant 8 minutes
dans deux volumes d’eau bouillante. Puis laissez
à couvert (hors du feu) 10 minutes. Étalez
le quinoa pour le refroidir rapidement.
Si vous décidez de le manger cru, faites tremper
le quinoa durant 6 heures, avant de le faire
germer deux à trois jours dans une passoire,
en le rinçant matin et soir.
● Coupez les légumes en petits morceaux,
en retirant les pépins du concombre
et la première couche du fenouil. Ajoutez
l’assaisonnement au quinoa, aux légumes,
graines germées et herbes fraîches.
● Agrémentez de quelques noix de cajou
légèrement rôties.
* www.nutrivitalite.fr
© FRÉDÉRIC MARR - NUTRIVITALITÉ
BIO, LOCAL ET… SURTOUT
DE SAISON
C’est le trio gagnant de toute dînette
digne de ce nom. Certains sont plutôt
sandwichs, d’autres plutôt fourchette
et couteau. Quoi qu’il en soit, oubliez
le paquet de chips huileuses (bourrées
d’huile de palme) accompagnées
de tranches de saucisson ! Goûtez
plutôt aux chips de légumes bio
et aux salades de quinoa. Un pique-nique
peut être aussi équilibré qu’un repas
classique. Il suffit de respecter
les proportions en glucides lents,
en lipides et en protéines. Pain, pâtes
et riz complets font ainsi très bien l’affaire.
Des œufs bio, du tempeh, du tofu
ou du seitan, complétés de céréales
pour une bonne assimilation,
vous apporteront des protides.
Pour les crudités et autres légumes crus,
remplacez la mayonnaise par une sauce
au yaourt et aux herbes ou, mieux,
par du soja soyeux au basilic frais.
Délicieux. En panne d’idées gourmandes ?
L’Atelier des chefs organise tout l’été
des cours de cuisine sur le thème
du pique-nique chic. De quoi épater
vos convives !
© PHOTOS : FRÉDÉRIC MARR - NUTRIVITALITÉ (RECETTE) - DR
60 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
voyager |
MORGANE…
DU CHIC
ÉCOLOGIQUE
Prestigieux hôtel
de Chamonix,
le Morgane (4 étoiles)
est le premier hôtel
dans notre pays
à cumuler ces deux
certifications, l’Ecolabel européen et le Green
Globe. Avec ses quatre autres établissements,
Temmos se positionne comme la première
chaîne hôtelière de montagne Carbon
Neutral. Calculées par le Bilan Carbone ® ,
toutes les émissions de CO 2
sont
compensées… et réduites par différentes
actions : travaux d’isolation, chauffe-eau
solaires, lampes fluo-compactes,
consommation responsable… L’objectif
du groupe : l’écolabellisation de ses cinq
adresses alpines d’ici à fin 2012.
www.temmos.com
Chamonix se met aussi au vert !
© F. RAMBERT - JCPOIROT OT CHAM PRAIRIE - DR
VOYAGE, VOYAGE !
Voici quelques sites Internet, guides et livres
pour trouver votre éco-destination idéale.
✿ Pratique
Passeport vert : www.unep.fr/greenpassport
www.voyageur-responsable.com
www.voyageons-autrement.com
✿ Guides
Être écovoyageur, de Robert Pince, aux éditions Nature & Découvertes, 1 €.
Le Guide du routard du tourisme durable 2011-2012, aux éditions Hachette, 9,90 €.
Les guides Tao m’a dit, disponibles sur www.viatao.com, 5,90 €.
Randonner responsable, de Catherine Levesque, chez Rando Éditions, 8,50 €.
✿ À lire
Eco-lodges – Les plus beaux hôtels écologiques de France, de Marie Lorrain et Matyas Le Brun,
aux éditions Eyrolles, 29 €.
Les Plus Belles Adresses écolo-bio – Maisons d’hôtes, gîtes et hôtels de charme en France,
de Benjamin Samaha, aux éditions Yves Meillier, 19 €. Plus d’infos sur www.tourisme-ecolobio.com
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 79
s’aimer |
DES CHAUSSURES BIONIC !
Idéales pour les randonnées, même par temps
de pluie, les Earthkeepers, de Timberland,
sont un petit concentré de technologie
et d’écologie : leur toile Bionic ® est composée
de 50 % de coton organique, de 38 %
de PET recyclé (polyéthylène téréphtalate,
un nom barbare pour le plastique transparent
des bouteilles de sodas et d’eau, ndlr)
et de 12 % de polyester. L’intérieur est
en PET recyclé, la semelle extérieure
est réalisée avec du caoutchouc recyclé
à 42 %, et le cuir est tanné de façon
écologique. 175 €.
www.timberland.fr
Éthique éclectique
Beiges ou marron, basses ou hautes… il y en a pour tous les goûts
si vous aimez le design épuré. La marque britannique de chaussures
écologiques et éthiques Po-Zu s’est associée à Timberland pour créer
des modèles recyclables à 80 %, confectionnés à partir de matériaux
biodégradables. Le caoutchouc est en latex naturel, et la semelle
intérieure, en fibres de coco. Tous les éléments sont
cousus, afin d’éviter les colles nocives. Des colles
toxiques qui peuvent être remplacées
par celles… à l’eau ! De 135 € à 175 €.
www.po-zu.com
© PHOTOS : TIMBERLAND - PATAUGAS
SE TANNER POUR DES BASKETS
Si le cuir écologique (cuir végétal et cuir bio) n’existe
pas, c’est la façon dont on le tanne qui l’est. Ainsi,
Pataugas remplace le chrome, substance nocive
pour les rivières et les lacs, par un tannage végétal
qui limite les rejets toxiques dans la nature. C’est aussi
avec des arbres, tels que le chêne, l’acacia, le châtaignier
ou le sapin, que la griffe teinte la toile de coton de ses modèles.
Un exemple avec ces Bakery en cuir qui existent en gris, taupe, bleu jean,
orange, violet, blanc et rouge. Entre 89 € et 109 €.
www.pataugas.com
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 29
| édito
© Géraldine Le Guyader
Tout mimi,
tout riquiqui !
Vous êtes sans doute
un peu surpris
par ce format
de Néoplanète.
Nous l’avons choisi
pour plusieurs raisons.
Plus pratique à emporter
ou à lire sur la plage, mais surtout plus écologique…
puisqu’il permet d’économiser près de 4 tonnes
de papier par numéro !
Reste que votre avis est très important pour nous
et que nous serions ravis de connaître votre opinion.
Aimez-vous ce nouveau format et pensez-vous
Néoplanète, pour changer d’ère
que nous devrions l’adopter définitivement ?
Répondez-nous sur notre site www.neoplanete.fr,
via notre e-mail magazine@neoplanete.fr,
pour nous dire : « Stop ou encore ? »
En attendant, cela ne vous empêchera pas de réfléchir
aux bienfaits de la crise (p. 12), de jardiner
« durablement » (p. 46), de découvrir les aberrations
de la pêche profonde (p. 25), de garder les pieds
sur terre avec des chaussures écolo (p. 28)
ou de préparer la rentrée scolaire de vos enfants
(p. 38)… mais, et surtout, de passer des vacances
grand format !
Yolaine de la Bigne,
Directrice de la publication,
rédactrice en chef
NÉOPLANÈTE
31, rue Edgar-Quinet - 92240 Malakoff , Tél. : 01 49 85 75 31, Fondatrice, directrice de la publication,
rédactrice en chef : Yolaine de la Bigne. Assistante de rédaction : Daphné Victor
Pour joindre la rédaction : prénom@neoplanete.fr
QUOTIDIEN EN LIGNE
www.neoplanete.fr, Directeur technique : Loris Guignard assisté de Tarek Alterkaoui. Rédactrice en chef adjointe :
Fabienne Broucaret.Directeur artistique : Romée de la Bigne. Publicité : Adverline - Tél. : 01 44 92 35 53,
Philippe Framezelle, p.framezelle@adverline.com
WEB RADIO
Rédactrice en chef adjointe : Fabienne Broucaret, Rédactrice/Technicienne : Émilie Villeneuve
MAGAZINE
Ont collaboré à ce numéro : Anne Barbarit (Mes courses pour la planète), Anne-Charlotte Beaugrand, Allain Bougrain Dubourg,
Fabienne Broucaret, Jean-Louis Caffier, Alexia Decarme, Chloé Dhoye, Marie de Lachaux, Marie-Christine Favé, Gérard
Feldzer, Teddy Follenfant, Claire Galvez-Wagler (Noé Conservation), Nicolas Gardères, Arnaud Lacroix, Françoise Latour,
Catherine Levesque, Ellada Parseghian, Michel Pascal, Elizabeth Pastore-Reiss, Alice Pouyat, Delphine Rabasté, Julie Renauld,
Sandrine Ségovia-Kueny, Aurélie de Varax, Chloé Véry, Daphné Victor, Émilie Villeneuve. Maquette : Sébastien Azevedo.
Secrétariat de rédaction : Valérie Barrès-Jacobs. Service photo : Déborah Morgane. Illustrations : Christophe Besse. Consultant :
Teddy Follenfant (tfollenfant@noos.fr). Développement et sponsoring : Anthony Murzereau (anthony@neoplanete.fr).
Communication et partenariat : Daphné Victor.
ABONNEMENT
40 euros - 9 numéros/an (frais postaux pour la France métropolitaine)
Néoplanète est imprimé à 100 000 ex. et est édité par Kel Epok Epik - Le Verger - 22350 Caulnes - Siret : 502 305 105
Ce magazine est imprimé sur du papier UPM certifié FSC,
issu de forêts gérées durablement et fabriqué à Strasbourg.
zests voyager |
Fermes,
je vous aime !
Cette année, que diriez-vous de lier l’utile à l’agréable ? Alors,
optez pour des vacances intelligentes ! En jonglant, par exemple,
entre le jardin bio, la conduite des vaches au pré ou l’aide
à la construction d’une maison environnementaly friendly.
Les plus courageux pourront même garder des enfants !
Par Anne-Charlotte Beaugrand *
© LOUTRAJE - VECTORSTOCK
Si le Help Exchange, dérivé du WWOOF
(World Wide Opportunities on Organic
Farms), est un peu moins connu, il a
des caractéristiques similaires : un réseau
international de particuliers, majoritairement
des fermes bio, vous offrent le gîte et le couvert
Cette ferme située à La Palud-sur-Verdon,
dans les Alpes de Haute-Provence, fait partie
du réseau Help Exchange.
en échange d’heures de travail généralement
non-rémunérées. De quelques jours à plusieurs
semaines selon vos envies, vous planifierez
votre itinéraire, irez de famille en famille et,
ainsi, découvrirez, de l’intérieur, la richesse
du pays. Un échange de bons procédés pour
voyager à travers le monde,
améliorer votre niveau
de langue, partager et vivre
au rythme de la population,
tout en vous imprégnant
de la culture locale. Pendant
vos days off, il vous sera
possible de pratiquer
des activités, comme monter
à cheval, faire du kayak… ou,
tout simplement, vous balader
dans la région. Vous pourrez
créer votre profil, consulter
celui de vos hôtes, moyennant
20 € pour l’inscription (valable
deux ans), et entrer en contact
directement avec eux.
Plus d’informations sur www.helpx.net
* Ingénieur juriste en environnement.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 69
| voyager
En écho à la Slow Food, le Slow Tourism
(tourisme lent) suggère des transports
moins polluants (train, bateau, marche…),
un temps de séjour plus long et une approche
plus authentique. Avec les Greeters, le tourisme
alternatif se développe à Nantes et dans
le Pas-de-Calais grâce à des volontaires
prompts à faire visiter leur ville ou leur région
à leur façon et gratuitement. L’objectif :
créer du lien. À Paris, Ça se visite présente
des balades Développement durable et dédie
10 % du prix au soutien de projets locaux.
Alors, loin des fantasmes de tourisme
intergalactique, évadez-vous… pas trop loin !
(1)
On compense les émissions de gaz à effet de serre
générées par un déplacement en finançant un projet
de type énergie renouvelable, reboisement…
Plus d’infos sur www.compensationco2.fr
(2)
www.baiedesomme-zerocarbone.org
(3)
Délivré par l’Agence de l’environnement
et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).
DES ORANGERIES VERTES
Restaurées en 1999 selon les critères HQE
(Haute Qualité Environnementale),
Les Orangeries ont été pionnières en matière
d’établissements écolabellisés. Cette maison
familiale du XVIII e siècle décroche l’Ecolabel
européen en 2006, une première en France
pour un prestataire de services. Fort
d’un Bilan Carbone ® , l’hôtel, situé
à Lussac-les-Châteaux, dans la Vienne,
ne cesse depuis de peaufiner sa démarche.
« Nous nous efforçons de réduire toujours plus
l’impact carbone de nos assiettes en valorisant
des circuits courts (20 à 30 km) et la production
de notre potager bio », se félicite Olivia Gautier,
sa directrice. Point fort de l’initiative,
« Une vision très positive de ce qui pourrait
apparaître comme une contrainte, pour ne
culpabiliser personne. D’ailleurs, plus que
l’engagement écologique, c’est le charme
du bâti qui attire l’essentiel de notre clientèle ».
www.lesorangeries.fr
L’hôtel des Orangeries, à Lussac-les-Châteaux,
conjugue avec bonheur qualité des prestations
et bilan environnemental positif.
© DR
78 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
cocooner |
JE LAISSE UN COIN
1
DE JARDIN AU NATUREL
Contrairement aux idées reçues, les mauvaises
herbes et les bébêtes dites nuisibles ont
beaucoup à offrir à nos jardins ! Arrêtons
notre obsession de la propreté et laissons-leur
un coin à l’état sauvage. Il sera colonisé
par des espèces de plus en plus rares
à observer. Sans aucune intervention
supplémentaire, vous ferez de votre jardin
un vrai refuge pour les petits animaux
et les végétaux ! À vous, les jolis coquelicots
et les fraisiers des bois !
JE M’OFFRE UNE PRAIRIE
2
NATURELLE FLEURIE
À l’instar de la friche, la prairie fleurie est
précieuse pour la biodiversité, notamment
pour les papillons. Alors que ces derniers
butinent les fleurs nectarifères, leurs chenilles
se régalent de feuilles des plantes hôtes.
Cette prairie peut aussi avoir un impact
positif sur notre santé car elle laisse
s’épanouir de quoi composer toutes sortes
de t isanes et d’onguents, tels que la valériane,
la verveine ou le plantain lancéolé.
Par exemple, si vous écrasez les feuilles
de ce dernier, vous fabriquez, en usage
externe, un vrai remède aux blessures
et piqûres d’insectes.
J’AMÉNAGE MON JARDIN
3
POUR LES ANIMAUX
Les animaux sauvages ont parfois besoin
d’un coup de pouce ! Alors, aménagez-leur,
dans votre jardin, des abris (pour les oiseaux,
les insectes ou les petits mammifères),
une mare ou un point d’eau, et plantez
une haie champêtre avec des essences
d’arbres locaux (arbres fruitiers, ormes,
charmes…). Vous rendrez ainsi votre bout
de terre plus accueillant pour la biodiversité
et vous contribuerez également
à la sauvegarde de nombreuses espèces
végétales et animales !
JE RÉDUIS
4
MA CONSOMMATION D’EAU
« À boire ! » supplie le jardin. « Oui,
mais avec parcimonie », répond le jardinier
responsable, car cette ressource devient
de plus en plus rare ! En un siècle, les sources
se sont appauvries de 40 %. Et cet été
promet d’être bien sec. Alors, récupérez
les eaux de pluie pour arroser votre jardin
et privilégiez les fleurs et les arbustes locaux
peu gourmands en eau.
JE FAIS
5
DU COMPOST
Chacun d’entre nous produit, en moyenne,
390 kg environ de déchets par an. Si
10 millions de Français mettaient en place
un compost chez eux, ce seraient
3 600 000 tonnes de détritus qui ne finiraient
pas dans les décharges ou les incinérateurs.
Sachez que le compost à maturité fournit
un excellent terreau pour nos jardins,
sans détruire les micro-organismes
si importants pour les végétaux ! Et l’hiver,
beaucoup d’espèces profitent de la chaleur
dégagée par la décomposition des matières
organiques, qui peut atteindre, au centre,
jusqu’à + 80 °C. Un vrai chauffage d’appoint…
en attendant des températures plus clémentes
pour les petites bestioles qui peuplent
nos espaces verts !
JE LIMITE
6
L’ÉCLAIRAGE DE NUIT
L’éclairage nocturne figure parmi les trois causes
principales du déclin des papillons, avec l’abus
de pesticides et la raréfaction des habitats.
Eh oui, la pollution lumineuse tue nombre
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 47
| s’aimer
Un amour de tongs !
Mettez du fun entre vos doigts de pied
avec les nouvelles tongs Summer Love,
signées par la marque brésilienne Ipanema,
de Gisèle Bündchen, en PVC recyclé. 22,50 €.
FAITES-VOUS
(CAOUT)CHOUCHOUTER!
La marque montante Piola
a fait appel au WWF
pour former les saigneurs
d’hévéa, l’arbre à caoutchouc,
matière qu’elle utilise
pour les semelles
de ses chaussures. Sans oublier
le coton bio Tanguïs du sud
du Pérou, connu pour sa forte
résistance. 65 €.
www.piola.fr
EN VOGUE
Entre la tennis et la chaussure bateau, la Veja
Méditerranée est en toile de coton biologique.
Sa semelle vulcanisée, elle, est confectionnée
avec du caoutchouc sauvage d’Amazonie.
Quatre coloris sont disponibles : navy, carmin,
grey et royal. 60 €. www.veja.fr
BASKETS SOLIDAIRES
Doublure et lacets en coton
bio, colle à l’eau,
caoutchouc
recyclé,
semelle
intérieure à base
de fécule de maïs et de fibres de noix de coco…
les baskets tendance, griffées For Your Earth (FYE),
ont des semelles constituées à 50 % de chaussures
recyclées et à 25 % de caoutchouc naturel, tandis
que les lacets et la doublure intérieure sont en coton
biologique, qui n’admet ni engrais chimique,
ni pesticides, ni OGM. La marque reverse 5 %
du prix de vente à l’amélioration des conditions
de travail des ouvriers. l45 €.
www.foryourearth.com
© PHOTOS : IPANEMA - FYE (FOR YOUR EARTH) - 2011 PIOLA SNEAKERS MADE IN PERU. ALL RIGHTS RESERVED - VEJA
BUY A SHOE, PLANT A TREE
Etnies lance le programme Buy a Shoe, Plant a Tree. Pour chaque paire de Jameson 2 Eco
Shoes vendue, la marque s’engage à planter un arbre pour la nouvelle forêt tropicale
du peuple des Maleku. Cette tribu indigène a failli être entièrement éradiquée en se battant
pour protéger ses arbres menacés par l’élevage et la guerre des hévéas. Pourquoi ce modèle
30 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
s’aimer |
© DR
DES VACANCES
TOUT EN DOUCEUR !
On se prépare avec le Fluide précurseur,
de Douces Angevines, qui nourrit
le visage aussi bien que le corps.
Riche en vitamine E naturelle
et en bêtacarotène, il stimule la vitalité
de la peau et renforce ses défenses,
mais ne protège pas des ultraviolets.
Appliquez-le une à deux semaines
avant de vous prélasser au soleil et, durant
l’exposition, sous un soin protecteur.
Il est 100 % naturel et 100 % bio.
27,85 € les 125 ml.
S.O.S. PEAUX
FRAGILES !
Florame vous garantit
une protection maximale
avec sa Crème solaire visage d’indice 50.
Non grasse, elle ne colle pas. Son plus ?
L’huile végétale de buriti qui régénère
la peau, tout en prolongeant le hâle.
18,50 € les 40 ml.
PSITT !
Le spray solaire Family, de Lavera,
avec un indice de protection 15,
s’utilise aussi bien pour le corps
que le visage. Composé de calendula
et d’huile de soja, il se pose facilement
sur la peau qui l’absorbe en un clin
d’œil. 16,90 € les 200 ml.
HÂLÉE
MAIS PAS RIDÉE !
La gamme solaire d’Annemarie
Börlind est constituée de deux
crèmes, indices 15 et 30,
avec de la vitamine E qui lutte
contre le vieillissement cutané
prématuré. À partir de 17,60 € les 75 ml.
POUR BÉBÉ
La crème solaire pour le visage
et le corps de Natessance est
hypoallergénique et haute tolérance.
Adapté pour les peaux claires et fragiles,
l’indice de protection est de 30.
L’huile de noyaux d’abricot permet d’éviter
le dessèchement de l’épiderme grâce
à ses vertus nourrissantes. 16,50 € les 75 ml.
DES SOINS
NON « CORAUSIFS » !
Tous les produits solaires d’Evao,
indices 15, 40 et 50, ont été testés
sur les coraux : ils n’ont pas d’impact
nocif. La société est partenaire
du programme 1 % pour la planète
et de la Surfrider Foundation.
Elle participe aussi à des campagnes
de replantation de massifs coralliens. À partir
de 15,50 € les 50 ml, en flacon-pompe.
NATURELLEMENT
BRONZÉE LONGTEMPS
L’Huile sèche solaire 100 % naturelle,
de Naturado, hydrate votre peau
et sublime votre hâle. On aime
sa texture qui pénètre rapidement.
Au menu : des huiles précieuses
de coco pour adoucir, d’avocat
pour régénérer, de buriti, riche
en bêtacarotène, et de noyaux
d’abricot, accélérateurs de bronzage.
13,85 € les 200 ml.
JOLIS SOURIRES
Il existe enfin des baumes bio pour
protéger les lèvres sensibles du soleil :
ils permettent de préserver leur taux
naturel d’hydratation. Vous en trouverez
chez Annemarie Börlind (IP 20,
4,95 €), Evao (IP 8, 5,50 €)
ou encore Lavera (IP 10, 6 €).
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 35
| s’engager
près de 10 millions d’euros de subventions
(de l’État français et de l’Union européenne)
entre 1996 et 2008. Sinon, elle n’existerait
plus. La conserver est peut-être une stratégie
de l’enseigne (2 000 points de vente) pour
s’approvisionner en poissons, mais on peut
se poser la question de savoir si nous devons
la financer avec nos impôts !
En quoi la disparition de la vie
des abysses serait-elle un problème ?
C. N. : Les équilibres écologiques sont
bien trop complexes pour qu’on le sache.
La disparition de la morue dans l’Atlantique
Nord a permis
aux homards
et aux crustacés
de prendre le dessus.
Cela dit, si on met
en péril la diversité
des espèces, on met
aussi en péril l’eau
et l’air, leur propreté,
leur richesse et, donc,
des emplois !
UNE PÊCHE
PROFONDÉMENT
IRRESPONSABLE
Couvrant 350 millions de km 2 , les abysses
sont le plus vaste espace naturel et la plus
grande réserve de biodiversité. On estime
de 1 à 10 millions le nombre d’espèces
à y découvrir, dont certaines offrent déjà
à la science la perspective de médicaments
d’avenir, comme des antibiotiques puissants.
Milieu extrême où la vie est au ralenti, la faune
qui l’habite est très sensible à l’exploitation
industrielle. Or, depuis les cinquante
dernières années, la pêche profonde
a beaucoup évolué, exploitant les fonds
jusqu’à 1 500 m de profondeur. Avec un effort
qui a augmenté de 440 % entre 1975
et 2005, le secteur capture près d’un million
de tonnes par an (15 000 tonnes
en France) pour un chiffre d’affaires
de 450 millions d’euros.
VOS IMPÔTS LA FINANCENT
« En dépit d’un faible impact économique,
l’impact écologique est dramatique, explique
Philippe Weaver, responsable du programme
européen Hermione (3) .
Cette pêche a détruit
« Ce milieu 30 à 50 % des coraux
profonds » et les stocks
– le plus vulnérable
de poissons sont en chute
de la planète – est libre. Alors qu’elle ne
concerne qu’une poignée
surexploité depuis
de navires (285 dans
des décennies le monde, dont 15
en France), « La pêche
sans que personne est subventionnée à 100 %
soit au courant. »
des valeurs qu’elle crée »,
indique Claire Nouvian,
notamment à cause
de l’augmentation du prix du carburant
(qui représente 50 % du coût de fonctionnement
des bateaux). Sans subventions, ils resteraient
à quai ! Aberration économique, sociétale
et environnementale, la pêche profonde
fait figure d’exemple de pêche non-durable
et non-responsable. 100 % des captures
profondes réalisées dans les eaux européennes
sont déjà en dehors des limites de sécurité
biologique.
© DR
26 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
Nid d’eau.
voyager |
sommaire |
Néoplanète n°22
été 2011
PHOTO DE COUVERTURE :
© MEDEF
« Ne jetez pas Néoplanète, gardez-le,
donnez-le ou mettez-le dans la poubelle
jaune, pour être recyclé… »
© VECTORSTOCK
| participer
Innovations, réfl exion, consommation… à chacun sa manière d’agir ..........................................................................4
Concours: Rirenvert ......................................................................................................................................................................10
Il n’y a pas de petites économies !..........................................................................................................................................12
| s’engager
Célèbres et passionnés, ils nous invitent à un monde meilleur
Matthieu Ricard : « Changeons notre regard »..............................................................................................................16
Véronique Jannot : Pause sourire ...........................................................................................................................................20
Philippe Poupon et Géraldine Danon : Le vent en poupe! ......................................................................................21
Régis Guignard : Un paysagiste de grand cru .................................................................................................................. 22
André Graff : Un puits de générosité................................................................................................................................... 24
Claire Nouvian : Au secours des abysses ...........................................................................................................................25
| s’aimer
Pour être bien, beau et écolo
Chaussures écolo à son pied ...................................................................................................................................................28
Mince alors ! .......................................................................................................................................................................................32
L’arnica, un vrai cas !.......................................................................................................................................................................33
1, 2, 3, soleil !.......................................................................................................................................................................................34
Linda Mai Phung, la grande gagnante de notre concours .........................................................................................37
| cocooner
Déco, livres... pour la maison, le bien-être et l’épanouissement
Ah, qu’elle est verte, ma rentrée !..........................................................................................................................................38
Allô maman bobo !......................................................................................................................................................................... 44
10 éco-gestes pour cultiver son jardin..........................................................................................................................................46
Le think tank du design durable ........................................................................................................................................................ 51
Ça va chauffer !.............................................................................................................................................................................................52
| savourer
Produits bio et éthiques, bonnes recettes, croquez la vie en pleine santé !
Alimentaire, mon cher Watson !....................................................................................................................................................... 53
Les anti-Red Bull déboulent! ...............................................................................................................................................................54
Déjeunons sur l’herbe ! .......................................................................................................................................................................... 58
| bouger
Pour (se) conduire en vert et contre tout
Piscines publiques : plongeon en eaux troubles ?...........................................................................................................62
L’écologie en piste aux J.O de Londres .............................................................................................................................64
Bienvenue dans l’aviation du futur !.......................................................................................................................................66
| voyager
Paradis sauvegardés et contrées protégées
Fermes, je vous aime !...................................................................................................................................................................69
Nils-Udo, la nature sublimée .....................................................................................................................................................72
Invitation au voyage ........................................................................................................................................................................74
Luxe, calme et… zéro carbone !.............................................................................................................................................76
Au pays des animaux ....................................................................................................................................................................80
| s’aimer
Gonflé !
Confectionné à partir de chambres à air
recyclées, chaque sac Cyclus est unique,
résistant et imperméable. Sa patine,
obtenue après quelques
mois d’utilisation, renforce
encore son attrait
et son aspect inédit.
Sac à partir de 59 €,
sac d’ordinateur à
partir de 85 €. EP
Plus d’infos
sur http://www.cyclus.fr
Sac à dos, 239 €.
FILONS DOUX
Et si vous profitiez de vos vacances pour vous
lancer dans la couture ? Facile avec les Kits
couture proposés par la marque De Fil
en Objet ! Vêtements pour femmes et enfants,
coussins ou vide-poches composent la nouvelle
mini-collection 100 % bio et éthique, avec
cotons bio et textiles certifiés Oeko-Tex
(sans risque pour la santé), pour la plupart
fabriqués en France, afin de valoriser
les savoir-faire locaux et réduire les transports.
Kit haut Satheen, à encolure coulissée, 100 %
coton bio, pour les 1 à 2 ans, 21 €. Niveau :
facile ; temps : une demi-journée. Kit veste
en T Aristide pour femme, en feutre de laine,
assortie d’un rayé et d’un uni pour
les bordures, 53 €. Niveau : initié ;
temps : une demi-journée. CD
Plus d’infos sur
http://defilenobjet.com/
© ANTA Q’ALQI - PANGOLIN - DR
IL N’Y A QUE CETTE MAILLE
QUI M’AILLE
Signée Anta Q’ulqi, griffe de prêt-à-porter française
qui travaille des matières textiles nobles
d’Amérique du Sud, la gamme maille,
printemps-été 2011, est réalisée en coton
Pima du Pérou. Ce dernier, appelé soie
d’Amérique du Sud – car très soyeux –, est
considéré comme le meilleur du monde.
Récolté à la main et sans produits chimiques,
il se présente comme une fibre unique, longue,
fine et robuste. Si Anta Q’ulqi n’est pas
une marque éthique, elle s’inscrit
dans une logique de développement
durable et de commerce équitable. CD
Plus d’infos sur http://www.antaqulqi.com/fr/
Gilet court blanc, fermeture lacet, 140 €.
Cape marron, avec capuche et ouvertures
latérales, 240 €.
36 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| cocooner
Allô maman
Jouer, quel bonheur pour les enfants ! En revanche, pour les parents,
cela peut être source d’anxiété. À l’occasion du colloque Jouets
et Substances toxiques initié par la WECF *, le 17 novembre
prochain, voici un petit zoom sur la sécurité de ceux qui sont
vendus dans l’Union européenne. Par Alexia Decarme
Malgré le règlement REACH – offrant
au consommateur une meilleure
protection contre les substances chimiques
intentionnellement utilisées – et le label CE
– contrôlant le respect des règles de sécurité
chez les fabricants –, les jouets recèlent
nombre d’éléments toxiques : phtalates
(perturbateurs endocriniens), formaldéhyde
(cancérigène et irritant des voies respiratoires
et des muqueuses) ou retardateurs de flammes
bromés (dangereux pour le développement
du cerveau). Le manque de certifications
indépendantes et l’offre pléthorique posent
un vrai dilemme cornélien ; d’autant
qu’il n’y a aucune obligation d’étiquetage
de la composition des jouets !
Une inquiétude légitime quand on sait
que nos petits sont plus vulnérables
à ces poisons que nous, les adultes. Pourquoi ?
Parce que leur épiderme est plus perméable,
© WECF
44 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| savourer
Déjeunons
sur l’herbe !
Bouteilles et sacs plastique, canettes de sodas, assiettes jetables…
Les pique-niques laissent souvent sur les chemins, au bord
des rivières et dans les forêts, nos restes de festins champêtres.
Il est grand temps d’adopter de b(i)onnes habitudes. Par Fabienne Broucaret
en plastique recyclé. À moins que vous ne
préfériez les plats, coupelles et cuillères
en bambou de l’enseigne Botanic (à partir
de 5,35 € la boîte de 6 pièces). Ou le pack
proposé par le site www.tendance-ephemere.
com avec assiettes en palmier, verres
en cellulose, couverts en bois, pics en bambou
et serviettes 100 % biodégradables (10 €
pour 4 personnes).
DITES OUI AU VÉGÉTAL
Un gobelet en plastique abandonné mettra
trois à quatre siècles pour disparaître. Dans
le cas où il est biodégradable, il faut compter
quatre à cinq ans, s’il est enterré, et quarante
jours, s’il est composté. Les assiettes en carton,
elles, ont un bilan environnemental encore
pire : leur fabrication consomme environ
six fois plus de vapeur, treize fois plus
d’électricité et deux fois plus d’eau que
les couverts en plastique. Leur recyclage ?
Il est difficile car le carton est mélangé
à une couche de paraffine ou de plastique.
La panoplie du pique-niqueur écolo ?
Des assiettes et des couverts en amidon
de maïs, en fécule de pomme de terre,
en fibres de canne à sucre ou encore
58 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
MISEZ SUR LE DURABLE
Plutôt que de privilégier le tout jetable,
optez pour un kit de pique-nique
réutilisable. Il en existe
désormais sous la forme
de sacs à dos. Par exemple,
la marque Sigg fournit une boîte
à lunch en métal aux couleurs
flashy (32 €) et la gourde
en aluminium recyclable
assortie (30 €). Les couverts
(20 €) ? Ils ressemblent
à des couteaux de poche.
Vous trouverez également
des mugs en plastique recyclé,
sans bisphénol A, chez Botanic
(14,70 €), et des bouteilles
© PHOTOS : DR
| cocooner zests
NUIT DE CHINE,
NUIT CÂLINE
Odeur de lavande et lumières
multicolores pour ces lampions
chinois solaires qui illumineront
vos soirée musettes ! 13 €.
Collection été Blachère. YB
Plus d’infos sur www.blachere-illumination.com
DES BOUGIES QUI ONT LA FRITE !
Ne jetez plus vos huiles de friture… Transformez-les
en bougies ! Oon Candlemaker est un appareil
électroménager – composé à 79 % de plastiques recyclés –
grâce auquel vous fabriquerez des bougies végétales de
toutes formes, tailles, couleurs ou arômes, à base d’huiles
de cuisson usagées (huiles d’olive, de soja, de colza…).
C’est économique et écologique, puisqu’un litre d’huile
pollue jusqu’à un million de litres d’eau et que, chaque année,
40 tonnes de ces huiles sont déversées dans la nature !
La consommation d’énergie d’Oon Candlemaker ?
Si elle est inférieure à 10 W/h, ses bougies, elles, durent
quatre fois plus que les autres ! 170 €. EP
Pus d’infos sur www.oonsolutions.com
© PHOOTOS : DR
IL NE LES MÈNE PAS EN BATEAU
Il rêvait d’offrir une seconde vie à ces belles pirogues
décorées des pêcheurs sénégalais. Une jolie façon
de leur permettre d’en racheter des neuves et d’éviter
des amoncellements de déchets. Ramon, jeune styliste
catalan, a si bien réussi son pari
qu’il expose ses meubles étonnants
à Paris pour un joli voyage, merci
l’artiste ! YB
African Upcycling, la réincarnation des pirogues
du Sénégal, du 21 juin au 19 août, Merci,
111, boulevard Beaumarchais, 75003 Paris.
50 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
Où trouver
Néoplanète ?
Néoplanète est diffusé gratuitement à 100 000 exemplaires dans
toute la France. Pour vous aider à le trouver près de chez vous, voici
les principaux points de distribution. Vous pouvez aussi le lire en ligne.
Pour plus d’infos, rendez-vous sur www.neoplanete.fr
Bureaux de poste :
30 000 ex. à partir du 10 juin
Nice : Le Ray, Malaussena, Marché aux Fleurs,
Notre-Dame. Marseille : 01, Prado, Place Castellane,
Arenc, Capelette BP, Cinq Avenues, 07, 09, National,
Saint-Ferréol, 08, 11, Sainthe-Marthe, Chartreux.
Aix-en-Provence : Hôtel de Ville. Caen : Detolle.
Dijon : Quartier de Pouilly BP. Nîmes : Écusson,
Gambetta. Toulouse : Grande-Bretagne, Saint-Cyprien
République, Cote Pavée, Roquelaine,
Mériadeck, Bastide, Victoire,
Les Salinières, Nansouty,
Cauderan. Montpellier :
Comédie, Préfecture,
La Paillade, Estanove,
Gambetta BP, Lionel
Terray, République.
Saint-Étienne :
Badouillère, Préfecture.
Nantes : Decre,
Doulon, Talensac,
Bellevue, Eraudière.
Orléans : Place d’Arc.
Angers : Montplaisir.
Reims : Drouet d’Erlon.
Nancy : Marché, Place
de la Commanderie.
Metz : Les Halles. Lille :
Wazemmes BP, Fives, Moulins.
Perpignan : Le Vernet Polygone.
Strasbourg : Esplanade BP, Forêt
Noire, Koenigshoffen, Meinau, Neudorf,
Place de la Cathédrale, Haute-Pierre. Mulhouse :
Henner, Boulevard de l’Europe. Lyon : Belle Cour,
Lafayette, Grôlée, Ampère, Duchère. Villeurbanne :
Totem, Grand Clément, Les Charpennes, Cusset.
Le Mans : République RP, Sablons, Vauguyon. Paris :
Brèche aux Loups/La Chambaudie, École militaire,
Rochechouart, Jussieu, Plaine de Vaugirard,
Ménilmontant, Charonne, Picpus, Le Marais,
Crozatier BP, Saint-Lazare, Olympiades,
Corvisart, Champs-Élysées, Montsouris, Édith Piaf,
Jeanne d’Arc. Le Havre : Caucriauville. Amiens :
Le Pigeonnier. Toulon : La Rode principal, Liberté.
Boulogne-Billancourt : Sud.
Chez Truffaut :
25 000 ex. à partir du 10 juin
Saint-Quentin, Les Ulis, Cergy, Saint-Malo, Le Mans,
Vélizy, Deauville, Tours, Aubagne, Avignon, Colmar,
Buchelay, Blois, Cabries, Wittenheim, Pacé, Mérignac,
Pau, Coutevroult, Mauguio, Rennes, Nantes, Nîmes,
Amiens, Orléans, Creil, Toulouse, Colomiers,
Chatenay, Bry-sur-Marne, Paris, Arcueil, Ivry, Paris
Saint-Denis, Le Chesnay, Domus, Grigny, Villeparisis,
Ponthierry, Baillet, Servon, Herblay, Plaisir,
La Ville du Bois, Angoulême, Barentin,
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Chez Virgin : 18 500 ex.
du 13 au 26 juin
Avignon, Bayonne, Bordeaux,
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Souilly, Clichy, Collégien,
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Toutes les adresses sur www.neoplanete.fr
Et aussi :
Néoplanète est accessible au plus grand nombre,
notamment aux personnes souffrant de déficiences
visuelles, auditives, motrices en allant sur
www.neo-planete.com/lire-le-magazine/
| cocooner
10
pour cultiver son jardin
© PAPALIMA
Les Français sont des jardiniers en herbe : avec plus d’un million
d’hectares de jardins dans l’Hexagone et 17 millions d’aficionados,
le jardinage est devenu un art de vivre. Porte ouverte à l’exploration
de la nature, il a un rôle primordial, surtout en zones d’agriculture
intensive ou périurbaine, car il permet de relier les écosystèmes
entre eux. Voici dix gestes simples issus de la charte d’engagements
des Jardins de Noé pour bêcher sans polluer. Par Noé Conservation
46 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| bouger
L’écologie en piste aux
J.O de Londres
Après le médiocre bilan écologique des jeux Olympiques
de Pékin en 2008, Londres a placé le développement
durable au cœur de son projet. Qui se décline en cinq
thèmes : le changement climatique, la gestion des déchets,
la biodiversité, l’inclusion sociale et la vie saine. Immersion
dans cet titanesque chantier de l’Est londonien, à environ
un an de la compétition. C’est parti ! Par Fabienne Broucaret, notre envoyée spéciale
UN STADE OLYMPIQUE
RECYCLABLE (1)
Il est situé au sud du Parc olympique,
sur une « île » entourée de cours d’eau
des trois côtés. Les épreuves d’athlétisme,
les cérémonies d’ouverture et de clôture
y seront organisées. Il pourra accueillir
plus de 80 000 spectateurs. Sa forme ressemble
à un cirque, avec un aspect boulonné et
non-soudé, ce qui facilitera son démantèlement.
Le plus ? Sa structure en polymère recyclable,
qui inclut des morceaux de chanvre. Comme
il ne sera que partiellement démonté, Londres
disposera d’un stade de taille moyenne et 55 000
des 80 000 sièges seront réaménagés ailleurs !
UN PAVILLON DE BASKET
RÉUTILISABLE (2)
Ce site temporaire sera l’un des plus grands
jamais construits dans l’histoire des Jeux.
Ce pavillon, géométrique, sera démonté
à la fin des compétitions. Certaines parties
devraient être réutilisées ou réinstallées
ailleurs, en Grande-Bretagne.
UN PARC OLYMPIQUE
VERDOYANT (3)
Ces J.O sont l’occasion de transformer
d’anciens terrains industriels pollués et laissés
à l’abandon dans l’Est londonien. Ainsi, le Parc
olympique permet de créer un nouvel
© ODA-LONDON 2012 - DR
Quel chantier !
Visitez le chantier des J.O de Londres ! C’est ce que vous propose
l’association Insider London, avec son Sustainable 2012 Tour.
Une visite guidée passionnante de deux heures, en petit groupe,
pour découvrir les différents sites et leurs démarches
environnementales. Tarif : 25 £, soit environ 28 €.
Plus d’infos sur www.insider-worldwide.com
Les J.O se dérouleront du 27 juillet au 12 août 2012,
à Londres. Plus d’infos sur www.london2012.com
3
64 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| s’engager
L’altruisme prend aussi en compte
les générations futures en pensant
à leur bien-être. Sans cette attention
aux autres, les gens ont l’impression
qu’ils sacrifient leur vie au seul profit
de leur entreprise ! La crise nous permet
de nous rendre compte que nous sommes
sans cesse obsédés par le court terme.
M. P. : Peut-on imaginer une notion
de profit altruiste ?
M. R. : Des statistiques de l’université
des Nations unies ont montré qu’un quart
de la richesse mondiale est dans les mains
de 1 % de la population. Que fait-on
du surplus d’argent ? On l’investit souvent
dans des choses inutiles pour la société.
Dans les années 1970, quand j’étais en Inde,
je vivais très bien avec 30 euros par mois !
Aujourd’hui, je reverse 100 % de mes droits
d’auteur car je n’en ai pas besoin. Vouloir
toujours plus ne fonctionne pas. Le dalaï-lama
a dit que « Même si on avait le monde entier
entre nos mains, on ne serait pas satisfait ».
M. P. : Donc, toute la question, c’est
de changer notre rapport à l’argent.
M. R. : Oui, et dans l’idéal de changer
complètement ! On ne peut pas transformer
uniquement notre rapport à l’argent. Le bonheur
véritable se trouve dans les qualités humaines,
telles que l’altruisme, la sérénité intérieure,
la liberté intérieure, la compassion. Sans cela,
on peut vivre dans un petit paradis en étant
déprimé et, à l’inverse, être satisfait même si
les conditions extérieures ont l’air déplaisantes.
M. P. : On est un chef d’entreprise
face à un plan social, on est au chômage,
notre carte bleue est bloquée.
Quelle attitude adopter ?
M. R. : Évidemment, il existe des cas
tragiques et pas de solutions miracles,
car nous vivons dans un système
qui provoque ces drames. C’est peu
à peu qu’il faut changer de cap, repenser
la manière dont nous fonctionnons
sur le court terme, revoir nos priorités.
Les études du psychologue américain
Tim Kasser, qui ont porté sur plusieurs
dizaines de milliers de personnes
durant vingt ans, ont montré que les gros
consommateurs sont, en moyenne,
moins heureux que les autres, ont
moins d’amis et sont moins concernés
par les questions globales, celle
de l’environnement en particulier.
La « simplicité volontaire » serait donc
la meilleure solution. Cette crise ne semble
pas avoir suffi à faire changer les mentalités,
mais les signaux d’alarme continuent
de se multiplier.
M. P. : Alors, ce qui nous fait souffrir,
c’est la confusion entre l’être et l’avoir ?
M. R. : Plutôt la confusion entre la qualité
de vie et cette idée qu’en possédant plus,
on sera plus heureux. Une étude parue
dans Science – L’argent ne fait pas le bonheur,
sauf si on le donne, Money does not buy
happiness, unless given away – montre
que ceux qui sont les plus généreux sont
ceux qui sont les plus satisfaits de leur qualité
de vie. Il y a donc une relation entre altruisme
et satisfaction de vie. Le vrai problème,
c’est la confusion mentale. On cherche
le bonheur, mais on lui tourne le dos.
On voudrait éviter la souffrance et on se rue
vers elle. C’est une sorte d’aveuglement.
La vrai coupable, c’est l’ignorance.
M. P. : Peut-on dire que l’argent
est comme une énergie ?
M. R. : C’est un outil ! Qu’il faut bien utiliser.
Avec mon association Karuna-Shéchèn,
nous avons réalisé plus d’une centaine de projets
18 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
En partenariat design & recyclage avec
cocooner |
© PHOOTOS : DR
Un mélange de plastique,
ressemblant à du cuir, avec
un aspect granuleux et une couleur
proche de l’ardoise. C’est
du Pévétex, un PVC semi-textile
recyclé, qui compose l’habillage
du siège OtaRi indoor-outdoor,
réalisé par le designer-plasticien
Cédric Carles. Avec son accessoire
N° 0 comme extension, on peut
y suspendre des plantes, pour
un gain d’espace savamment
étudié. OtaRi, Boa, FrogSka…
Sacrées bestioles !
Drôles de noms pour des créations
aux formes souples et confortables,
à l’image du banc Boa, qui ondule
en s’adossant le long des murs ;
confortable et utile comme le FrogSka,
ce banc démontable, unique en son genre
avec sa pente sur laquelle on peut faire
du skate et asseoir les grands-mères.
Repenser le besoin, c’est la source
de l’éco-conception : la prise en compte
de multiples paramètres, afin de répondre
Le think tank
du design durable
Le style est minimaliste, et les objets,
facilement reconnaissables. On en
oublierait presque que ce mobilier
urbain, éco-conçu par Cédric Carles,
est fabriqué avec du PET recyclé ou du Pévétex, symbolisant
une véritable politique de développement durable dans toutes
ses déclinaisons. Et ce grâce à un think tank créatif. Par Arnaud Lacroix
à une démarche sociale,
environnementale et éthique
en utilisant le design. Au sein
de l’Atelier2cé fondé en 2004
en Suisse, un think tank (laboratoire
d’idées) pluridisciplinaire qui réunit
plusieurs « ressources humaines »,
Cédric Carles propose différentes
pistes de réflexion et des expertises
à des municipalités pour mettre
en œuvre ses idées.
Ce consultant dans la prospective
dirige, grâce au soutien de l’agence
Art Terre, le projet pédagogique
ITEX – une exposition itinérante –
reconnu par l’Unesco, dans le but
de favoriser la prise de conscience
des enjeux énergétiques et
écologiques. Membre du Comité de
l’Ader (Association pour le développement
des énergies renouvelables), il souhaite
recréer du lien social à Haïti, via une fondation
humanitaire suisse, pour y installer un Solar
Sound System (3S) qu’il a lui-même élaboré et,
ainsi, diffuser de la musique grâce aux énergies
renouvelables.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 51
| s’engager
Régis
Guignard
Un paysagiste
DE GRAND CRU
Au château Cheval Blanc – le célèbre millésime de Saint-Émilion –,
Régis Guignard * inaugure un étonnant jardin qui surplombe les
chais signés par Christian de Portzamparc. L’architecte paysagiste
multiplie les créations les plus diverses. Parce que le paysage
est fait pour mieux vivre ensemble. Par Marie de Lachaux
Il est de ceux qui composent des poèmes
avec les arbres et envoient des messages
tout en promesses fleuries. Dans le domaine
du Cheval Blanc, les amateurs de bons vins
admireront les vignobles à perte de vue
en se promenant sur une « colline » sauvage
plantée de graminées et d’annuelles bleutées,
sorte de prairie primordiale suspendue
sur les chais aux lignes douces dessinés
par l’architecte Christian de Portzamparc,
pour symboliser la rondeur du grand cru.
DES JARDINS…
AUX ÉTATS D’ÂME
Pour chacune de ses créations, Régis
Guignard imagine un univers, car « Le jardin
révèle nos états d’âme », explique-t-il.
Labyrinthe de chanvre et parterres de lin
balayés par le vent du large au Château
du Bos (Saint-Malo) ; ciel étoilé gravé dans
une coupole d’inox et kiosque à tchatche
en hommage à Hassan Laraaj, tué au cours
d’une rixe entre jeunes au Blanc-Mesnil ;
jardin de colonnades se reflétant dans l’eau
à la Maison des Arts de Malakoff ; parcours
de plantes médicinales, classées suivant leurs
principes actifs, à l’hôpital de la Croix-Rousse
de Lyon ; vergers et arbres fruitiers à profusion
au Fort-d’Issy-les-Moulineaux ; jardins de pluie
à la nouvelle maison d’arrêt de Saint-Denis
de La Réunion, pour animer les vues implacables
depuis les cellules.
Penser et intégrer l’environnement fait partie
du quotidien d’un architecte paysagiste :
récupération et traitement des eaux pluviales
bien sûr, mais surtout choix de végétaux
© PHOTOS : FRANÇOISE LATOUR - OLIVIER CHADEBOST - VECTORSTOCK
22 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| Communiqué
Un avion
tout-terrain
Le Skylander
Le Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE),
dont la 49 e édition est organisée à Paris Le Bourget du 20 au 26 juin,
est l’occasion de découvrir le monde de l’aéronautique et ses toutes
dernières innovations, comme le Skylander SK-105, du groupe GECI
International (stand S33). Par Teddy Follenfant et Delphine Rabasté
Comment désenclaver
les zones les plus reculées ?
GECI International, groupe
spécialisé dans l’ingénierie
de haute technologie et l’industrie
aéronautique, a imaginé
le Skylander SK-105, un avion
bi-turbopropulseur capable
d’atterrir sur 486 mètres.
« Nous sommes partis d’un constat :
les quatre cinquièmes de la planète
ne peuvent recevoir d’avions commerciaux
à cause d’une infrastructure trop limitée, explique
Serge Bitboul, le fondateur et P.-D.G du groupe.
Nous voulions en créer un de petite taille
qui décolle et atterrisse n’importe où. »
Le Skylander SK-105 peut ainsi se poser
sur des terrains en haute altitude, par - 40 °C
ou + 50 °C, températures où les performances
des appareils sont largement dégradées.
Serge Bitboul, fondateur
et P.-D.G du groupe GECI
International
une partie importante est perdue
en raison des délais de transport.
Pour renforcer son engagement
dans le développement durable,
GECI International s’est associé
à l’Institut Jane Goodall.
« Nous avons noué un partenariat
avec cette fondation, précise Serge
Bitboul. Nous pourrons l’assister
dans sa mission de préservation
des chimpanzés et de leur réintégration dans
des centres d’accueil. »
Dernièrement, Sky Aircraft, une filiale
de GECI International qui développe
le Skylander, a annoncé deux nouvelles
versions du modèle, qui sera dans un premier
temps équipé de flotteurs, puis de skis.
De quoi garder les pieds sur terre,
tout en ayant la tête dans les nuages.
CONNECTING PEOPLE
Au-delà de ses qualités techniques,
le Skylander SK-105 permet aux régions
isolées et à leurs habitants de communiquer
avec l’extérieur. Dans sa cabine de 28 m 3 ,
il accueille jusqu’à dix-neuf passagers
ou transporte 2,7 tonnes de fret, comme
des denrées périssables dont, souvent,
© GECI AVIATION - DR
68 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| participer zests
La chronique éco-santé de Sandrine Segovia-Kueny
SOUS LE SOLEIL EXACTEMENT… ET PRUDEMMENT
Pour profiter des beaux jours sans nuire à votre santé, voici les six mesures
préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé pour éviter de vieillir
prématurément et d’attraper un cancer de la peau !
Commençons cette marelle du « bien-soleil »
La protection des enfants : parce
1 qu’ils passent plus de temps en plein air
que les adultes, et que les bébés de moins
de 1 an ont une peau
très fragile, ils doivent
rester à l’ombre
et mettre tee-shirts,
lunettes et casquettes.
La limitation
2 de la durée
d’exposition pendant
les heures chaudes :
en effet, les rayons UV
sont les plus intenses
entre 10 heures et 14 heures,
soit deux heures avant et deux heures
après le vrai midi solaire.
La recherche de l’ombre. Dès que
3 celle-ci est courte, on se trouve au soleil
de midi, le plus dangereux pour sa santé.
4
Le port de vêtements protecteurs :
chapeau à larges bords, vêtements
amples en tissu laissant passer la transpiration,
paires de lunettes… tout pour éviter
les coups de soleil.
L’utilisation d’écran
5 solaire, avec un indice
de protection d’au moins 15,
toutes les deux heures,
ou après avoir nagé, joué, fait
du sport, voire travaillé dehors.
La connaissance
6 de l’indice UV qui mesure
le rayonnement. Plus il est
élevé, plus les risques de lésions
cutanées et oculaires augmentent. Attention,
quand il atteint au moins 3, il faut prendre
des précautions lors de chaque exposition.
Présidente de l’Association
Santé Environnement Île-de-France
DIEU EST-IL ÉCOLO ?
Depuis Parménide, le père de la philosophie grecque, qui a décrit la nature comme une réalité,
et non plus comme une manifestation magique des dieux, l’être humain n’a cessé de vouloir
la comprendre et la maîtriser, pour s’en éloigner et conduire le monde à la crise écologique actuelle.
Dans son essai La Nature – Représentations et genèse de la crise écologique, aux Éditions Baudelaire,
André Fievez décrit cette longue évolution de la pensée, comme celle de la croyance judéo-chrétienne
qui place l’homme au centre de la Création et mène au « désenchantement » qui finira
par réduire Dame Nature… au rang de simple matière.
Cette question sera abordée lors des rencontres Écologie et Spiritualité
qui réuniront chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes, écologistes
et philosophes pour échanger sur leur relation au cosmos. Du 10 au 14 juillet,
au Centre Sainte-Croix, à Monestier, près de Bergerac. Participation : 150 €.
Tél. : 05 53 63 37 70. YB
Plus d’infos sur www.centresaintecroix.net
© DR - DAVID ROESSLI - BRIGEHAM 34
6 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
cocooner |
aux papiers marqués FSC
ou PEFC, c’est-à-dire issus
de forêts gérées durablement.
Plus d’infos sur www.clairefontaine.com
Surligneurs. Ils sont
composés de pyridine,
un produit qui donne
l’effet fluorescent
de l’encre, mais qui irrite
la peau et les muqueuses,
ou de solvants organiques,
comme le formaldéhyde et le phénol,
irritants et corrosifs. Stabilo ® commercialise
le Greenlighter (1,35 €), un crayon de couleur
gras en bois, avec un vernis écologique
et certifié. Un bureau sur la Terre
a, quant à lui, imaginé un surligneur
à base d’eau (0,75 €).
Plus d’infos sur www.stabilo.com
et www.unbureausurlaterre.com
Correcteurs. Pour éviter
les solvants organiques
toxiques libérés par
les correcteurs (surtout
liquides), privilégiez
des produits à base d’eau
et d’alcool. Tout Allant Vert en propose un
à base d’eau, sans solvant (1,60 €).
La marque Bic a lancé le ruban correcteur
Exact Liner, fabriqué à partir de 62 %
de matières recyclées (3,98 €),
et Pentel, un ruban sans PVC, avec 73 %
de matériaux recyclés (3,50 €).
Plus d’infos sur www.toutallantvert.com,
www.bicworld.com et www.pentel.fr
Les feutres. Ils tachent
les vêtements et sont
toxiques. Achetez plutôt
des feutres à base d’eau
ou d’alcool, moins dangereux
pour la santé et plus
facilement lavables,
tels les dix feutres
à l’eau labellisés
OkoNorm,
vendus
chez Tout Allant Vert (6,20 €). Préférez
également les couleurs à base de colorants
alimentaires ou de pigments végétaux
non-toxiques.
Plus d’infos sur
www.toutallantvert.com
Les gommes.
Les gommes sont
constituées de PVC,
un plastique qui rejette des dioxines
et est cancérigène. Optez alors pour celles
non-teintées, en caoutchouc, une matière
première naturelle et renouvelable, à l’instar
de celle présentée par Un bureau sur la Terre
(0,20 €). Maped propose la gomme
Greenlogic (1,15 €), sans PVC ni phtalates,
entourée d’un emballage éco-conçu.
Plus d’infos sur www.unbureausurlaterre.com
et www.maped.com
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 41
s’aimer |
P(n)eu ordinaires !
Originales, les tongs en pneus recyclés !
La marque brésilienne Goóc a trouvé
le filon pour réutiliser avec élégance
plus de 1 200 000 pneumatiques usés !
29 €.
En vente sur www.neiwa.fr qui participe au programme
1 % pour la planète et s’engage à vendre des modèles
écologiques et labellisés par des organismes indépendants.
QUELLES SANDALES !
Tige en cuir pleine fleur tanné avec un procédé
écologique, semelle en caoutchouc recyclé,
colles sans solvants, assise plantaire en EVA
recyclé… Les sandales Merrell
coûtent entre 75 € et 90 €.
www.merrell.com
THINK TO THE EARTH !
Pour ses chaussures écologiques, Think!Shoes utilise
des tanins naturels grâce à des extraits d’écorces
d’arbres en plantation. De 43 € à 135 €.
© PHOTOS : SIMPLE SHOES - GOÓC - MERRELL - THINK ! - DR
SIMPLE À COMPOSTER !
Simple Shoes sont des tongs végétaliennes, sans aucun produit
ou sous-produit animal. Sangles en PET recyclé et semelle biodégradable
fabriquée à partir de caoutchouc naturel et recyclé avec un additif spécial, pour qu’elle se dégrade
en humus dans les décharges ou sur un tas de compost dans vingt ans. Comment ? Grâce
à des millions de microbes qui se régalent en la dévorant ! Livrées dans un sac et avec un cintre
biodégradables. 34,95 €.
http://fr.simpleshoes.com
de chaussures ? Parce que sa semelle est fabriquée à partir
de vieux pneus de vélos et de gants en caoutchouc usagés,
et ses lacets en PET sont issus de bouteilles en plastique
recyclées. 74,95 €.
www.etniesshop.com
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 31
savourer |
© ALMIR CANDIDO DE ALMEIDA - CMIC BLOG - FOOD4GOOD - GOBILAB
200
L’eau en bouteille coûte près de deux
cents fois plus cher que l’eau du robinet.
Nous l’écrivions déjà dans le numéro
d’avril de Néoplanète et vous nous avez
demandé d’où venait ce chiffre.
Le calcul est simple à faire : regardez
le prix du mètre cube sur votre facture
d’eau. Pour obtenir le prix au litre,
divisez ce chiffre par mille (1m 3 d’eau
équivaut à 1 000 l.).
Les tarifs de l’eau du robinet peuvent varier
d’une région à une autre. Pour obtenir
plus d’informations, le site www.prixdeleau.fr
a lancé une opération de transparence
en référençant les données de l’Observatoire
de l’eau et celles collectées par les citoyens.
Pour le moment, seulement 5 % des
collectivités l’ont renseigné, malgré leur obligation
légale de transparence sur les prix !
Quoi qu’il en soit, l’eau courante reste bien
moins onéreuse. Pour le vérifier, comparez
les prix sur les sites des supermarchés en
ligne : celui du litre d’eau en bouteille varie
entre 0,18 €/l (eau de source de montagne
U, 5 l) et 1,28 €/l (eau minérale naturelle
Hépar 8 x 33 cl). On constate que l’eau
en bouteille est entre 65 et 465 fois plus chère
que celle du robinet ! Les chiffres s’envolent
avec les bouteilles petits formats (25 cl, 33 cl
ou 50 cl) vendues entre 1 € et 5 € : l’eau est
alors 1 812 fois plus chère ! À ce compte-là,
mieux vaut investir dans une gourde, ce qui
réduira vos déchets de près de 12 kg,
d’après l’ADEME.
Arrêtons
de noyer
le poisson !
Un sondage du WWF
réalisé dans quatorze
États européens révèle
que 88 % des personnes
interrogées souhaitent que les produits
de la mer vendus dans leur pays soient issus
d’espèces qui ne sont pas victimes de la
surpêche. Des chiffres qui grimpent à 91 %
chez les Espagnols, à 93 % chez les Français
et à 95 % chez les Italiens ! L’ONG rappelle
que 54 à 72 % des stocks de poissons le sont
et que l’Union européenne en porte une lourde
responsabilité… puisqu’elle est le quatrième
plus gros producteur de produits de la mer
au monde.
PETITE
BOUTEILLE,
SACRÉE
BOUTEILLE
Gobilab, une PME
française, vient de
commercialiser le Gobi.
Cette petite bouteille
de 100 g et 21 cm
de haut, transparente
et personnalisable, existe en trois couleurs :
vert d’eau, rosée et bleu lagon. Éco-conçue
(sans BPA), elle supporte le lavage en machine.
Le Gobi est fabriqué en région parisienne, ce qui
limite les émissions de gaz à effet de serre
à cet endroit. 14,70 €.
Plus d’infos sur
http://boutique.gobilab.com
pour en savoir plus : www.mescoursespourlaplanete.com
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 57
voyager |
© CDT 80
On connaissait la compensation carbone (1) .
À Copenhague, un hôtel de luxe,
le Crowne Plaza Copenhagen Towers,
propose désormais à ses clients de pédaler
sur un vélo qui alimente l’établissement
en électricité verte. En produisant au moins
10 watts/heure, soit dix minutes de pédalage,
le valeureux cycliste gagne son repas ! Loin
de ce gadget high-tech, les expériences
se multiplient dans le secteur du tourisme
pour limiter les émissions de CO 2
.
Cette empreinte
carbone est
surtout liée
au transport : 43 %
des rejets
de dioxyde
de carbone
des Français sont
ainsi imputables
aux destinations
lointaines.
« Parmi toutes
les problématiques
soulevées
par le tourisme de masse depuis une quinzaine
d’années, celle du changement climatique
est la plus difficile à résoudre », estime Ghislain
Dubois, responsable de l’association Air,
qui accompagne des acteurs privés ou publics
sur des solutions innovantes. L’équation est
simple : le tourisme génère 5 % des émissions
mondiales de gaz à effet de serre et le trafic
augmente de 5 % par an. Forts de ce constat,
les professionnels cogitent et des collectivités
se mobilisent déjà.
Avec l’initiative Baie de Somme Zéro
Carbone (2) , la région Picardie montre
l’exemple : hébergeurs, restaurateurs,
producteurs, agriculteurs et prestataires
– pour certains, déjà écolabellisés – ont
signé une charte d’engagement pour limiter
l’impact de leurs activités dans cette zone
naturelle sensible. Engagés dans un programme
d’évaluation carbone, ils sont invités à réduire
leurs émissions de gaz à effet de serre
et à faire un Bilan Carbone ®(3) complet.
PLACE AU TOURISME
ALTERNATIF !
Stigmatisées à cause de leur recours à la neige
artificielle, nombre de stations de sports
d’hiver réfléchissent aussi à des alternatives
possibles.
L’association
Mountain Riders
rassemble
les plus exemplaires
dans son Eco Guide
des stations
de montagne,
téléchargeable
gratuitement
sur son site.
Dans les Alpes,
un réseau de
vingt-quatre stations
– Alpine Pearls, dont Les Gets et Pralognan –
défendent la « mobilité douce ». Un portail
Internet recense également toutes les randos
(à pied, en raquettes ou à skis) à faire
sans voiture. Dans une campagne
publicitaire récente, le département
des Bouches-du-Rhône a carrément misé
sur ce slogan paradoxal : « Ne partez plus
en vacances ! »
En invitant à repenser la combinaison
distance/mode de transport, le changement
climatique pourrait bien nous inciter
à redécouvrir notre environnement
proche. « Avec 1 kg de CO 2
, un Parisien
passe un week-end à Lyon en TGV. S’il prend
l’avion, il va au bout de la piste ! » ironise
Ghislain Dubois.
Toujours en Picardie, tout est fait
pour réduire les émissions de CO 2
. Quoi
de mieux que le train pour se déplacer !
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 77
nouvelle
voyager |
é d
i t i o n
Les singes sont surtout utilisés pour la lutte
contre le cancer et le sida.
© B JEROME - FRED C
EXPÉRIMENTATION ANIMALE :
BIENTÔT LA FIN ?
Elle tue, chaque année, douze millions
d’animaux en Europe et près d’un milliard
dans le monde. D’une façon odieuse.
Et souvent inutile, car ses résultats sont
de plus en plus contestés. L’alternative ?
Valitox. Ce programme, orienté sur la Directive
européenne REACH, mesure la toxicité
de certaines substances chimiques pour
l’homme. Sa fiabilité est de 70 à 82 %
pour les effets de toxicité aiguë observés
chez l’humain (contre 60 à 65 % pour les essais
réalisés sur les animaux). Plus de cent molécules
de référence (médicaments, pesticides,
additifs alimentaires...) ont déjà été testées
avec succès, démontrant le large champ
d’applications de l’expérience. DR
La non-violence certifiée
C’est le but du label indépendant
lancépar l’association One Voice
pour certifier les cosmétiques, vêtements,
produits d’entretien ou alimentaires fabriqués
sans violence sur
les animaux. DR
© Monia - Fotolia
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les bons plans
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| bouger
Bienvenue
dans l’aviation du futur !
L’aviation n’est responsable « que » de 3 % des émissions de CO 2
…
pour l’instant ! Ce qui signifie que, toutes les heures, sont lâchées
dans l’atmosphère plus de 50 000 tonnes de dioxyde de carbone,
sans compter diverses particules et autres gaz à effet de serre.
Alors, que faire ? Par Gérard Feldzer
Cinq milliards de passagers
chaque année, un trafic qui
double environ tous les quinze ans…
Le nombre de dix milliards
de voyageurs en 2025 semble
l’hypothèse la plus basse, compte
tenu du développement en Asie.
Les émissions de CO 2
du transport
aérien mondial ont augmenté de
30 %, soit deux fois plus rapidement
que toutes les autres sources de rejet réunies
(15 %). Les pays émergents accélèrent
ce processus. Cette croissance débridée, si
elle n’est pas accompagnée par des solutions
réfléchies, nous conduira dans une impasse
économique et environnementale.
Au Grenelle de l’environnement, les industriels
de l’aéronautique se sont engagés
à réduire leurs émissions de dioxyde
de carbone de 50 %, celles de NOx
(oxyde d’azote) de 80 % et le bruit
de 50 % à l’horizon 2020. Mais
autant les gros efforts en matière
de recherche aéronautique sont
louables – le programme Clean Sky
est doté de 1,8 milliard d’euros –,
autant il faut être réaliste : en 2020, celles dues
au transport aérien seront supérieures de 50 %
par rapport à 2000, année de référence !
TOUT RÉINVENTER
En haute densité (c’est-à-dire avec plus de
800 passagers serrés comme des sardines !),
un A 380 ne consomme qu’environ 2 l/100 km
© ODA-LONDON 2012 - DR
66 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
s’engager |
Au secours
des abysses
Auteur du livre Abysses et commissaire de l’exposition
du même nom, Claire Nouvian, fondatrice de Bloom Association,
se bat depuis dix ans pour sauvegarder les fonds des océans.
Alors que l’ONU va débattre de la pêche profonde en septembre
prochain, elle publie une enquête choc (1) qui dénonce son financement
et le sort réservé aux abysses. Propos recueillis par Françoise Latour
© E. VERNAZOBRES - BLOOM
En moins de dix ans, vous êtes passée
du journalisme animalier au rôle
de « sauveur » des abysses. C’est
l’histoire d’un coup de foudre ?
Claire Nouvian : J’ai découvert la vie
des abysses en réalisant un documentaire
pour France 2. Ça a été une rencontre
d’émerveillement biologique,
à l’instar des biologistes quand
ils ont vu pour la première fois
des singes avec des culs roses
ou des oiseaux avec des becs
bleus ! J’ai voulu faire partager
mon expérience à tout le monde.
Mon livre a été traduit en dix
langues et mon exposition compte
plus d’un million de visiteurs. Mais
ce milieu – le plus vulnérable
de la planète – est surexploité
depuis des décennies sans que personne soit
au courant, comme si l’on détruisait des momies
égyptiennes dans le plus grand secret…
La vie des abysses serait donc menacée ?
C. N. : Oui ! À cause de la chute des captures
mondiales de poissons (- 400 000 tonnes
Claire Nouvian, fondatrice
de Bloom Association.
par an depuis quarante ans), le secteur
de la pêche s’est intéressé aux espèces
des grands fonds dont on pourrait faire
des tranches : lingue bleue, lieu noir,
empereur… Malheureusement, c’est la pêche
la plus destructrice qui soit ! Non seulement
elle est réalisée par chalutage, avec des filets
qui raclent les fonds et
détruisent tout sur leur passage,
mais elle rapporte près
de quatre-vingts espèces,
pour n’en conserver que deux
ou trois ! Or celles-ci se
reproduisent très lentement
et ne résistent pas à une telle
pression. Pour preuve, la pêche
de l’empereur : en 2002, dix ans
après son démarrage, on avait
attrapé tous ceux qui existaient !
Bloom Association publie une enquête
choc révélant que cette pêche (2) ,
non-rentable, est financée par nos impôts
pour le compte d’entreprises privées !
C. N. : En France, par exemple, la flotte
Scapêche, appartenant à Intermarché, a reçu
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 25
s’engager |
LES CANTINES SCOLAIRES
À MAUVAISE ÉCOLE
« 90 % des communes françaises interrogées
servent du poisson profond dans les cantines
scolaires. » L’étude de l’association Bloom (4)
révèle que « Les six millions d’élèves
qui y sont inscrits consomment régulièrement
des espèces menacées ». Parmi lesquelles,
la saumonette (appellation qui englobe
plusieurs espèces de requins en voie
d’extinction, telles que le requin chagrin
de l’Atlantique), la dorade sébaste,
le grenadier de roche et la lingue bleue.
Participant malgré eux à leur disparition,
les écoliers pourraient également être
victimes d’un autre problème : « Quand
on mange des poissons des grands fonds,
on mange les poissons qui concentrent
le plus d’organochlorés (5) , indique Daniel
Desbruyères, spécialiste des abysses
(Ifremer). Car plus on va en profondeur
dans l’océan, plus la concentration de pollution
est importante. »
Pour en savoir plus et lire l’enquête, rendez-vous
sur www.bloomassociation.org
(1)
Le Profil écologique et socio-économique
des pêches profondes.
(2)
Conférence du 10 mai 2011, en collaboration
avec la Deep Sea Conservation Coalition, la Fondation
pour la Nature et l’Homme et Greenpeace.
(3)
Hotspot Ecosystem Research and Man’s Impact
on European Seas.
(4)
Le Poisson dans la restauration scolaire :
nos enfants mangent-ils des espèces menacées ?
de Victoire Guillonneau (Université Paris-Dauphine)
et Claire Nouvian (Bloom Association), mai 2011.
(5)
Tout composé organique auquel on a substitué un ou
plusieurs atomes d’hydrogène par des atomes de chlore.
« La pêche
profonde est
la plus
destructrice
qui soit ! »
© FRANÇOISE LATOUR
L’étal du poissonnier : les espèces à éviter
La dorade sébaste, l’empereur, le flétan
du Groenland, le grenadier de roche,
le hoki, la lingue bleue, le sabre noir, le siki
et la saumonette.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 27
bouger |
© ODA-LONDON 2012 - INSIDER LONDON
1
espace vert dans la capitale anglaise.
Un havre de paix, tant pour ses habitants
que pour la faune sauvage qui y vit.
Dans sa partie sud, l’objectif sera de conserver
l’atmosphère festive des Jeux, avec des jardins
au bord de la rivière, des marchés,
des événements, des bars et des cafés.
Dans sa partie nord, les dernières techniques
écologiques sont appliquées pour gérer les eaux
de pluie : ce sera à terme un lieu public
silencieux et un habitat pour des centaines
d’espèces rares, comme les martins-pêcheurs
et les loutres. À noter que du bois récupéré
de l’ancien stade, aujourd’hui détruit, a été
utilisé pour construire des barrières
pour les animaux. Près de 2 000 arbres,
ayant poussé en Grande-Bretagne jusqu’à
mi-maturité, ont été plantés pour donner
des « racines » aux espaces verts du Parc.
2 000 autres le seront dans le Village
olympique. Ils ont été soigneusement
sélectionnés, la plupart correspondant
à des espèces natives, telles que des frênes,
2
des aulnes, des saules, des bouleaux,
des noisetiers, des cerisiers, des peupliers,
des platanes et des tilleuls. Plus de
300 000 plantes de zones humides ont
également investi l’endroit, ce qui fait
de ce Parc la plus grande rivière urbaine…
et la plus grande zone humide plantée
à ce jour au Royaume-Uni. Un site naturel
qui se veut enfin accessible aux personnes
handicapées.
UN VILLAGE OLYMPIQUE
TRANSFORMABLE
Des lits pour les athlètes, des logements
pour les Londoniens ! Pendant les jeux
Olympiques et Paralympiques, le Village
mettra à disposition des appartements
pour environ 17 000 sportifs et officiels,
des boutiques, des restaurants, des installations
médicales, des centres de loisirs, des espaces
ouverts… Après les Jeux, les bâtiments
seront transformés en 2 800 habitations,
dont 1 379 à prix modéré.
UNE FLAMME
OLYMPIQUE VERTE ?
La flamme olympique devrait brûler
avec un carburant à faible taux de dioxyde
de carbone. Le défi ? Dénicher un gaz
écologique comme le méthane, à la place
de la paraffine, qui permette que la flamme
soit visible jour et nuit, sans jamais s’éteindre.
UN BUDGET COLOSSAL
Il a été réévalué de 2,4 milliards
à 9,3 milliards de livres Sterling (2,75 milliards
d’euros à 10,66 milliards d’euros).
Une multiplication par quatre qui a fait
grincer des dents. Après ces atermoiements,
les organisateurs affichent désormais
leur enthousiasme : à environ un an
des J.O, plus de 80 % des travaux ont
d’ores et déjà été réalisés.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 65
| cocooner
d’oiseaux et d’insectes chaque année,
et nos lampes de jardin participent
à cette hécatombe ! Il devient urgent de changer
nos comportements en les éteignant plus
souvent et en choisissant des ampoules basse
consommation ou des lampes solaires.
JE PLANTE DES ESPÈCES
7
LOCALES
Pour laisser une chance à la biodiversité
ordinaire dans vos jardins, préférez les espèces
locales aux plantes exotiques. Les premières
nécessitent moins d’entretien et contribuent
à maintenir l’équilibre de l’écosystème.
A contrario, les secondes présentent des risques
pour l’environnement et les jardiniers
amateurs de ces raretés sont souvent
les propagateurs innocents de ces plantes
envahissantes. Au point que cette végétation
invasive est aujourd’hui considérée comme
l’une des principales causes de la disparition
de la biodiversité dans le monde.
J’AMÉLIORE LA QUALITÉ
8
DE MON SOL
La qualité du sol est une priorité pour tous
les jardiniers, ses caractéristiques physiques
et sa composition étant déterminantes pour
la croissance et la santé de nos plantations
et de leurs hôtes. Privilégiez l’utilisation de BRF
(Bois raméal fragmenté), de plantes comme
engrais verts, ou la mise en place de jachères
pour régénérer la terre, plutôt que des engrais
chimiques dont les excès ont des conséquences
néfastes pour l’environnement.
J’ÉVITE LES TRAITEMENTS
9
COMME LES PESTICIDES
On a réfléchi tout l’hiver à la disposition
de son jardin, on a semé et planté au printemps,
on est heureux de voir croître nos plantes
qui ont fait l’objet de tant d’attentions…
quand survient la maladie ou l’invasion
de parasites ! L’utilisation de produits
de traitement comme les pesticides est
le premier réflexe pour s’en débarrasser.
Or ils sont loin d’être toujours nécessaires
et ils touchent tous les insectes, notamment
ceux dits utiles – tels les coccinelles, les abeilles
ou les papillons. Certains peuvent également
représenter un danger pour les batraciens,
les oiseaux et les mammifères, dont l’homme.
Il est temps de faire confiance à son jardin
sans intervenir à coups de pulvérisateur !
10
JE DEVIENS AMBASSADEUR
DE LA BIODIVERSITÉ
Les dix engagements que nous venons
de vous décrire sont la colonne vertébrale
de la charte des Jardins de Noé, une initiative
lancée par Noé Conservation. Son objectif
est de faire connaître la biodiversité ordinaire
des jardins et de la préserver, en comptant
sur ses participants pour devenir ambassadeurs
de la biodiversité. D’ailleurs, le 19 juin,
nous organisons des visites, des animations
et des ateliers de jardinage gratuits aux Jardins
passagers du parc de La Villette, à Paris.
Plus d’informations sur www.jardinsdenoe.org
© EN VADROUILLE
48 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
savourez |
du guarana. Immédia, l’un des leaders
du smoothie (racheté par Danone), propose
deux recettes d’energy juices. D’autres,
comme Fruité, Innocent, Groove, Attitude,
Pom Wonderful, ont également investi
le secteur. Le mois dernier, c’est Vitaminwater
(propriété de Coca-Cola Company)
qui a dévoilé XXX-3 baies, une boisson
à l’açaï, à la myrtille et à la grenade,
pour faire tenir le couple
« jusqu’au bout de la nuit ».
Des superfruits
pas si super
La cible ? Des jeunes
en période d’examens,
des actifs qui veulent doper
leurs capacités en trois gorgées,
mais aussi des retraités
soucieux de rester en forme.
On voit également apparaître
des boissons anti-stress, qui
amélioreraient la concentration
ou la mémoire.
Mais tiennent-elles leurs promesses ? « Certaines
plantes peuvent être sources de micronutriments
qui sortent un peu de l’ordinaire – des vitamines,
des polyphénols ou des caroténoïdes –, recherchés
pour leurs propriétés antioxydantes,
d’où leur surnom de superfruits », explique
Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition
de l’Institut Pasteur à Lille. Mais « leurs bienfaits
sur la santé ne sont pas toujours prouvés
et dépendent de la composition des boissons »,
prévient le docteur. Quelquefois,
ces superfruits sont largement dilués
dans de l’eau ou du jus de pomme,
avec beaucoup de sucres ajoutés.
On préférera donc les breuvages 100 %
jus de fruits, sans additifs. Et sans chercher
à dépasser les apports quotidiens
recommandés : « La vitamine C est éliminée
sans être assimilée au-delà de 500 mg »,
rappelle le spécialiste. « Les plantes tropicales
font rêver. Pourtant, les produits locaux
complètent très bien l’alimentation »,
ajoute Sophie de Reynal.
L’été venu, on profite des fruits rouges
produits en France – cassis, fraises,
mûres, myrtilles, raisins, tous riches
en antioxydants. En hiver, on se régale
de poires, de kiwis ou d’agrumes
pleins de vitamines – encore meilleurs
si on les croque entiers, puisqu’une partie
des fibres disparaît dans les jus. Et si
l’on souhaite pimenter son quotidien, la plupart
des enseignes du commerce équitable
vendent des denrées exotiques cultivées
dans le respect des producteurs locaux
et des savoir-faire traditionnels.
© PHOTOS : DR
SUPERFRUITS d’Amazonie
L’acérola est un arbuste que l’on voit surtout au Brésil et au Pérou. Ses petits fruits
rouges, qui ressemblent à des cerises, contiennent une très grande quantité de vitamine C
(1 000 à 2 000 mg pour 100 g de fruits).
Le guarana, surnommé « l’œil de la forêt » par les Indiens d’Amazonie brésilienne,
est la plante qui concentre le taux de caféine le plus haut au monde. Il est consommé
pour ses propriétés stimulantes, en graines ou dilué dans de l'eau.
La baie d'açaï, semblable au raisin noir, pousse dans la forêt amazonienne. On lui prête
de grandes qualités antioxydantes. Ses vertus amincissantes, parfois mises en avant, ont fait
le bonheur d’escrocs sur Internet.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 55
| voyager
Portrait
de Nils-Udo.
NILS-UDO,
la nature sublimée
Il aime planter ses œuvres dans les paysages et les abandonner
pour les laisser à leur cycle naturel. Nils-Udo est l’un des grands
maîtres du Land Art. Il sculpte, peint, métamorphose les pétales,
les racines ou les pierres dans des mises en scène étonnantes.
À découvrir dans un ouvrage magnifique, Nils-Udo, l’art
dans la nature, aux éditions Flammarion, ou à l’exposition
du musée de la Poste, jusqu’au 1 er Octobre 2011. * Par Yolaine de la Bigne
* 34, boulevard de Vaugirard, 75015 Paris.
Couverture
du livre
de Nils-Udo.
Huile sur toile, Courtesy, galerie Claire Gastaud.
Nid d’hiver,
boules de neige colorées au jus de baie d’obier.
© NILS-UDO - ÉDITIONS FLAMMARION
Petit lac.
72 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| savourer
Les anti-Red Bull
déboulent
De plus en plus de boissons dites naturelles promettent de nous
booster grâce à des superfruits. Tentant, lorsque l’on passe
un examen ou que l’on se sent fatigué. Attention, toutefois,
à bien lire les étiquettes. Par Alice Pouyat
Acérola, açaï,
guarana, grenade…
« Ces produits surfent sur le succès
mondial des energy drinks, comme le Red
Bull », explique Sophie de Reynal,
du cabinet d’analyse Nutrimarketing.
Or ce marché est déjà très saturé,
et ces boissons chimiques, souvent
à base de taurine (un dérivé d’acide
aminé soufré découvert dans de la bile
de taureau, ndlr), ont été accusées
en France d’accroître la tension
artérielle ou la dépendance à l’alcool.
« Du coup, de plus en plus de marques
tablent sur la naturalité, tendance la plus
forte de l’alimentaire », poursuit-elle.
Casino s’est lancé, au mois d’avril,
dans cette course aux « biocarburants »,
avec une gamme Bien pour vous !,
avec de la framboise, du raisin
et de l’acérola. Depuis janvier,
Oasis en décline aussi une, baptisée
SuperFruit ! Chez Nestlé, le flacon
Nesfluid Vitalise vante les vertus
© ILLUSTRATION : CHRISTOPHE BESSE - PHOTOS : DR
54 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
cocooner |
environnemental des fournitures scolaires
arrivait en deuxième position des critères
d’achat (avec 34,4 % de sollicitation),
après l’aspect financier (57,9 %). Il faut dire
que le budget de la rentrée est conséquent :
175,33 € pour un élève de 6 e en 2010,
dixit Familles de France. Pour pallier la hausse
des coûts, le ministère de l’Éducation
nationale a gelé le prix de vingt-neuf produits
essentiels, dont seuls 20 % répondent
à des critères écolo pour ConsoGlobe !
Le reste est tourné vers le plastique,
le jetable et le non-recyclé.
Dans la cour des fournitures écolo,
au-delà des produits verts, d’autres moyens
existent pour réduire l’empreinte écologique
de votre rentrée. Première étape : rassemblez
stylos, règles et autres compas encore en bon
état pour les réutiliser. Si vous désirez
remettre au goût du jour vos anciens cartables,
trousses et classeurs, personnalisez-les
en les customisant. Si vous décidez
d’en changer, plusieurs options s’offrent
à vous. Préférez la qualité et la solidité
pour ne pas avoir à les racheter. Optez
pour des fournitures en vrac, souvent
moins emballées, et des articles en matériaux
recyclables et rechargeables. Réunissez
d’autres parents pour effectuer des achats
groupés, c’est idéal pour faire baisser
les prix – surtout sur Internet pour les frais
de port – et les émissions de CO 2
liées au fret.
Grâce aux sites tels que www.2xmoinscher.
com ou www.amazon.fr, vous trouverez
des livres, des ordinateurs et des vêtements
d’occasion. Privilégiez les classeurs pour n’utiliser
« Avec l’offre
qui augmente,
les clients auront
la possibilité
de choisir. »
que le papier nécessaire et récupérez
les pages vierges d’anciens cahiers
pour vos brouillons. Si vous souhaitez
une rentrée solidaire, n’oubliez pas le Kit Plio,
de Handicap International, à 5 €, qui permet
de recouvrir livres et cahiers ! Enfin, favorisez
les produits en bois, plutôt que ceux qui sont
en plastique. Et parce que les petits écoliers
ont droit à un bon goûter, pensez aux aliments
bio, sans résidus chimiques : fruits, biscuits
ou pain chez Naturalia, Biocoop ou dans
certaines grandes enseignes, à ranger
dans une jolie boîte, avec une gourde
au fond du cartable !
© COQ EN PÂTE - VECTORSTOCK
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 39
| s’engager
L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW SUR LA
WEBRADIO NEOPLANETE.FR RUBRIQUE VIP
VIP
Véronique Jannot
Pause sourire
Prenant fait et cause pour le Tibet, Véronique Jannot,
bouddhiste, a réalisé Dakinis, le féminin de la sagesse,
un documentaire qui donne la parole aux femmes
bouddhistes en exil. Elle le présente le 24 juin prochain,
au Festival Planète Honnête * . Propos recueillis par Fabienne Broucaret
© DIDIER BAVEREL
Pourquoi avez-vous adopté le bouddhisme
comme philosophie de vie ?
Véronique Jannot : Je l’ai décidé après un grave
problème de santé. J’y ai découvert une lumière
qui m’a permis de pousser les murs de ce qui
était devenu une prison psychologique pour moi.
J’ai eu envie d’aller plus loin car j’ai pris
conscience que le bouddhisme change
notre façon d’être dans la vie. Cela a modifié
ma manière de percevoir
l’autre et m’a appris combien
l’instant présent est capital.
Notre société est une course
en avant, on ne prend plus
le temps de profiter des petits
moments de bonheur. Il est
important de se réveiller
en se demandant ce que
l’on va faire de bien dans la journée, de l’axer
sur le positif, au lieu de penser seulement
aux aspects négatifs. Le bouddhisme m’a
transmis une énergie positive que j’ai envie
de transmettre à mon tour.
Vous avez ainsi décidé de défendre
la cause tibétaine ?
V. J. : Oui, j’ai créé l’association Graines d’Avenir
pour aider les enfants tibétains en exil, dans tous
les domaines, comme l’éducation ou la médecine.
Il faut préserver cette culture magnifique. Je suis
« Je suis
impliquée
dans l’écologie
et consciente que
l’on fait partie
d’un tout. »
persuadée que la vie ne fonctionne pas à sens
unique : je veux rendre à ce peuple ce que
j’en ai reçu. C’est dans ce sens-là que j’ai réalisé
Dakinis, le féminin de la sagesse. Il éclaire
sa philosophie au travers de portraits
de femmes. Elles nous rendent humbles
et nous transmettent une lumière magique.
C’est un documentaire qui m’a rempli le cœur.
Le Tibet, c’est aussi
une catastrophe
environnementale.
V. J. : Bien sûr. Je suis très
sensible à la nature, elle m’a
beaucoup appris et je suis
liée à elle d’une façon
profonde. Je suis donc,
évidemment, très impliquée
dans l’écologie et consciente que l’on fait partie
d’un tout. Je suis bouleversée quand je constate
ce qui a été fait dans une nature aussi protégée,
unique et intacte que celle du Tibet. La pollution
de ses rivières à l’uranium, à cause du stockage
des déchets nucléaires, c’est une insulte au monde
et à la nature. Or la dégradation de l’environnement
dans ce pays a des répercussions directes sur l’Inde
et la Chine, soit la moitié de la planète. Mais, hélas,
on n’en parle pas.
* Du 24 au 26 juin. Plus d’infos sur www.planetehonnete.org
et www.veroniquejannot.com
20 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| participer
réelles –, nombre d’entreprises misent
sur l’écologie et le développement durable.
Mais comme le souligne Michel Pascal,
« Le parfait est un fantasme. Il faut essayer
de se tenir à une éthique. Le vert ne doit pas
nous servir à faire du noir ». Tous les systèmes
de commerce équitable qui se mettent en place
sont des moyens concrets de dynamiser
une énergie « altruiste de l’argent ».
Par exemple, Whole Food Market, chaîne
de magasins implantée aux États-Unis,
au Canada et en Grande-Bretagne, vend
des produits bio et équitables. L’argent repart
dans des coopératives. En achetant ainsi,
nous aidons un groupement de personnes
qui partagent une idée, celle de redonner
à l’énergie de l’argent ses lettres de noblesse.
Cela démontre qu’une forme de consommation
responsable peut exister.
SOYEZ RADIN MALIN !
Économisez l’énergie, l’eau, le carburant
et la nourriture. C’est d’autant plus d’actualité
que les prix de ces ressources ne cessent
d’augmenter. Concernant l’eau, vous pouvez,
par exemple, utiliser celle qui lave vos légumes
pour arroser vos plantes. Quant à l’essence,
dressez une liste de courses et faites-les
toutes le même jour, en suivant l’itinéraire
le plus logique. N’hésitez pas non plus
à effectuer vos achats sur Internet.
Et au placard les marques ! Les produits
discount sont, aujourd’hui, d’un bon rapport
qualité/prix. Enfin, mangez vos restes
alimentaires, il suffit d’un peu d’imagination !
Achetez local dès que c’est possible.
Votre corps vous dira merci ! Vous rendre
à la ferme, par exemple, vous permettra
de consommer des aliments qui n’ont pas
été transformés. Petit plus : pensez aux fins
de marchés, lorsque les producteurs désirent
écouler leurs stocks. Vous y ferez alors
de bonnes affaires.
Privilégiez le fait maison. Aujourd’hui,
tout nous pousse à consommer, alors que
nous savons nous servir de nos deux mains.
Vous pouvez fabriquer vous-même
des étagères, créer des objets décoratifs,
faire du pain… Idem pour les dépannages
ou les installations. Votre siphon est bouché ?
Évitez d’appeler le plombier. Le Web
fourmille de sites qui vous donneront
de bons tuyaux. Sans oublier les célèbres
recettes de grand-mère. Un seul exemple :
NOTRE CRISE EST UNE CHANCE
Pour Michel Pascal « Toute notre vie tient dans la qualité de conscience
qu’on met dans la vie ». La tempête financière que nous traversons ne
remet pas seulement en cause le système économique mondial, elle
invite à repenser le modèle de profit sur lequel reposent nos sociétés
occidentales, elle est un véritable enseignement. L’écrivain propose
une méthode méditative, afin de mieux affronter les crises que nous
serons amenés à rencontrer. En ayant conscience de nos vrais besoins,
nous sortirons de notre prison mentale et dépasserons la souffrance
liée à l’argent.
Notre crise est une chance, de Michel Pascal, aux éditions Presses
du Châtelet, 15,95 e.
14 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
Au domaine du Cheval Blanc, grand vin
appartenant à Bernard Arnault et Albert Frère,
le jardin suspendu de Régis Guignard domine
les vignes.
ayant besoin de peu d’humidité, fumures
de fond et chaumes en guise d’engrais, vertu
de l’entretien manuel dans sa version pédagogique
avec des C.A.T. (Centres d’Aide par le Travail)…
AVEC LES MOYENS DU BORD
Pour Régis Guignard, la diversité est aussi
source de créativité. Avec les moyens du bord.
Ainsi, sur le lac Tonle Sap, le plus grand
du Cambodge qui ne parvient plus à faire
vivre ses riverains tant il est pollué,
le professionnel a imaginé des jardins
flottants, filtrés par des plantes dépolluantes
et amendés grâce aux rejets de toilettes
sèches. De quoi nourrir éco-touristes
et villageois ; des villageois qui, aidés
par l’ONG Aster, ouvriront des restaurants,
des boutiques artisanales et une école
d’enseignement environnemental.
* Au sein de l’agence Meristeme.
Plus d’infos sur www.meristeme.com
le vinaigre blanc. Non polluant, pas cher,
il est utilisé pour bon nombre de tâches
ménagères. Il est tout aussi efficace
que d’autres produits d’entretien.
Entretenez votre matériel. Ça paraît
évident, mais nous sommes peu à lire
les modes d’emploi de nos machines.
N’oubliez pas non plus qu’un entretien
annuel est souvent préconisé. Prendre soin
de son lave-vaisselle, de son chauffe-eau…
c’est les faire durer plus longtemps et, donc,
retarder la date des prochains achats.
Profitez des sites d’achats groupés.
Ils offrent des réductions de 50 à 90 %
sur une large gamme de produits
et de services. Et il y en a pour tous les goûts :
bien-être, gastronomie, shopping…
Ce concept repose sur une logique simple :
le pouvoir d’achat d’un groupe est
plus important que celui d’un individu.
Ces sites deviennent des interlocuteurs
privilégiés des consommateurs
et des commerçants. Vous désirez tester ?
www.lookingo.com propose aux Internautes
plusieurs deals par jour, tant dans la France
entière que par ville.
Faites les soldes et achetez
dans les enseignes de vêtements dégriffés.
Mais, auparavant, inspectez vos placards.
Vous manque-t-il vraiment quelque chose ?
Est-il indispensable d’acheter cette robe que
vous ne porterez que le temps d’une soirée ?
Cocoonez. Rester chez soi est économique.
Cet été, redécouvrez votre jardin, votre maison,
votre balcon ou, tout simplement, votre quartier.
Profitez de votre famille ou de vos proches
en les conviant chez vous, plutôt que de sortir
et de… consommer dehors.
| s’engager
André Graff
Un puits
de générosité
Il a ce brin de folie des gens extraordinaires qui quittent tout
pour partir à l’autre bout du monde aider les populations locales.
La mission d’André Graff : apporter à Waru Wora, son village
d’adoption de l’île de Sumba, en Indonésie, « Ce qu’il y a de plus
précieux : l’H 2
O ». Par Émilie Villeneuve
Son histoire ? Ses histoires !
Militant écologiste, apiculteur,
puis pilote de montgolfières…
Un excentrique à l’existence
bien remplie, qui vend sa société
alsacienne en 2005, pour s’installer
à Sumba, l’une des petites îles
de la Sonde, en Indonésie.
Ce Munstérien y fait une promesse :
doter le village de Waru Wora,
qu’il a visité en simple touriste,
d’un accès à l’eau potable. Une denrée rare,
surtout à cause des sécheresses et des fréquents
tremblements de terre qui détruisent les puits
trop fragiles de ce petit bout de terre.
Pour y remédier, André Graff s’inspire
d’une technique, celle du père autrichien
Franz Lackner : il s’agit d’une série de buses
en béton, empilées les unes sur les autres,
dans lesquelles les villageois peuvent descendre
pour les entretenir. Ces installations résistent
aux effondrements provoqués par les ondes
sismiques et alimentent la population en eau
limpide et, surtout, potable ! Avec ses deniers
personnels, André Graff construit
des puits pour les villages de l’île et
crée une coopérative de fabrication
de cercles en béton avec neuf amis
de Waru Wora – ce qui engendre
des revenus pour leurs familles.
Malheureusement, les femmes
bravent encore mille et un dangers
lorsqu’elles grimpent sur la colline
et en redescendent pour transporter
l’eau de la vallée à Waru Wora.
André Graff pense donc à l’acheminer
par des canalisations en polyéthylène (PE)
et deux pompes qui marchent à l’énergie solaire.
Une malaria, une fièvre typhoïde, une dengue
plus tard, vingt-sept puits ont été érigés.
La coopérative est aujourd’hui en stand-by,
mais parions que cet amoureux de la vie va
encore trouver une idée pour la relancer !
Pour soutenir André Graff, vous pouvez faire un don via
sa Foundation of HumanKind Foundation Sunda Islands :
http://web.me.com/graffounet
Il existe une autre association de soutien : Yvan
Furstoss, 13, r ue de Turckheim, 68000 Colmar.
Email : yvan.furstoss@hotmail.fr
24 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
bouger |
La fiche produit d’Elizabeth Pastore-Reiss
LA RANDONNÉE RESPONSABLE
Pour mieux comprendre les impacts positifs et négatifs
de notre consommation sur le monde.
■ LES CHAUSSURES
Boîtes à chaussures en carton : taux
de recyclage en France proche des 80 %.
Durée de vie longue car produit
peu démodable et résistant.
Mise en place récente d’une filière
de recyclage des chaussures.
Utilisation de matières synthétiques,
dont la production a des effets néfastes
sur l’environnement : caoutchouc pour
les semelles, latex pour l’intersemelle,
fibres synthétiques pour la doublure
et le revêtement.
Colles : solvants toxiques pour la santé
et l’environnement.
Transport : les trois quarts des chaussures
vendues en France sont importés (dont 50 %
viennent de Chine).
Alternative
Matériaux recyclés : polyester et latex recyclés,
carton recyclé pour les boîtes à chaussures.
Matériaux naturels : coton bio pour les lacets,
colles à base d’eau, bambou pour le cambrion
et liège pour la semelle intermédiaire, caoutchouc
et latex naturel.
■ LES VÊTEMENTS
À base de coton
Matériau naturel.
Enjeu économique et humain du coton
dans les pays du Sud : le revenu d’un producteur
de coton est, en moyenne, vingt fois supérieur
au salaire moyen national.
Utilisation de pesticides (le coton concentre
24 % de l’usage d’insecticides dans le monde).
Irrigation : très forte consommation d’eau
(11 000 l pour 1 kg de coton, l’équivalent
de trois mois de consommation d’un foyer
français).
Entretien : 75 % de l’empreinte carbone
totale d’un tee-shirt sont générés par le lavage
et le séchage.
Alternative
Matières : coton bio ou équitable et fibres
d’orties mélangées au coton. Fin de vie : collecte
et distribution aux plus démunis, recyclage
en matériaux d’isolation et de rembourrage.
À base de matières synthétiques
Matériaux recyclables.
Confort thermique : matériau
très absorbant.
Entretien facile et réduction d’impact :
lavage à froid possible, séchage très rapide.
Matériaux à base de pétrole :
utilisation de ressources non renouvelables
et de métaux lourds.
Utilisation d’énergie importante
pour la production de polyester.
Alternative
Polyester recyclé (bouteilles PET recyclées)
qui permet d’économiser jusqu’à 60 % de l’énergie
utilisée, lors de la production, et mélange de matières
synthétiques avec des fibres végétales, comme
le chanvre, le bambou, le maïs…
Cabinet Ethicity, www.ethicity.net
Sources : Capital Terre, émission du 16 février 2011, www.patagonia.com et www.lafuma.fr/developpement-durable/
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 61
| bouger
Piscines publiques
Plongeon
Mer, lac, rivière… la natation sera-t-elle votre sport de l’été ?
À moins que vous ne choisissiez l’une des 16 000 piscines municipales.
Si tel est le cas, certaines précautions s’imposent car la chimie
se glisse entre deux brasses. Par Aurélie de Varax
Passé la porte de votre piscine, vous sentez
de légers effluves de chlore utilisé pour
éliminer les micro-organismes pathogènes
présents dans les bassins, dont ceux laissés
par les baigneurs. Car chacun d’entre nous
y abandonne 500 mg de matières
organiques (cheveux, poils, résidus de produits
cosmétiques, squames de la peau,
bactéries). Multipliez par le nombre
de nageurs chaque jour et vous obtiendrez
un sacré bouillon de culture. Reste
que les piscines publiques sont face
à un dilemme : comment obtenir une eau
propre, sans substances chimiques (chlore,
brome, ozone), sans nuire à notre santé ?
En juin 2010, dans un rapport de l’Agence
nationale chargée de la sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail (Anses), une autre alarme
était tirée : les produits de désinfection
de l’eau se recombinent avec ces matières
organiques en sous-produits nocifs,
dont les trichloramines et les trihalométhanes
(THM) ; danger qui n’est
toujours pas pris
en compte…
ALERTE CHIMIQUE !
Les chloramines
se répandent surtout
dans l’air. Une exposition
fréquente, à des taux
importants, peut entraîner
des troubles respiratoires (asthme, bronchite,
bronchiolite) et des irritations (peau et yeux).
Quant aux THM, dont on suppose qu’ils sont
cancérigènes, ils perturberaient également
le système endocrinien ! C’est ce que révèle
une étude en cours de publication, dirigée
par le professeur Alfred Bernard, membre
de l’unité de toxicologie de l’Université
catholique de Louvain : « L’absorption
des THM dans l’eau se fait par voie cutanée
et ils vont directement dans le sang. Un bébé
va en absorber en une heure autant qu’un maître
nageur en une semaine. » Selon le spécialiste,
l’usage du chlore est une impasse, et il faut
revenir à des solutions de désinfection
plus écologiques et moins toxiques comme
le cuivre/argent.
LA DOUCHE QUI CHANGE TOUT
Pour l’heure, les autorités sanitaires misent
sur une plus grande propreté des nageurs.
« On peut atteindre un niveau de chlore inférieur
à ce qui est pratiqué et limiter le risque
des sous-produits
de la chloration
par une meilleure
hygiène des baigneurs,
à commencer
par le savonnage
obligatoire avant d’entrer
dans l’eau », souligne
Jean-Nicolas Ormsby,
directeur adjoint
© VECTORSTOCK
62 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| participer
Il n’y a pas de
petites économies !
Se serrer la ceinture à la fin du mois, rêver de trouver le bon
tirage du Loto… on connaît tous ça ! Contrairement à l’adage,
l’argent peut faire le bonheur, mais tout dépend de la manière
dont nous le dépensons. Voici des petites astuces qui nous
aident à l’utiliser autrement. Par Alexia Decarme
UN MOT D’ORDRE : LA SIMPLICITÉ
Michel Pascal, auteur de Notre crise est
une chance (voire encadré p. 14), nous livre
quelques secrets afin de redonner du sens
à nos dépenses : comment être plus riches
de la vie, mieux vivre avec son argent…
Un exemple : faisons un jeûne financier
et baladons-nous toute une matinée sans
dépenser un centime. Puis arrêtons-nous
dans un café. Notre petit noir aura une saveur
particulière, comme un soulagement. À force
de consommer, nous ne nous rendons
plus compte de la valeur des choses.
Notre crise aura eu un avantage, celui
de nous faire réfléchir. Se nourrir des petits
plaisirs de l’existence est primordial : le ciel
bleu, une fleur qui pousse, le sourire
d’un enfant… Il faut également savoir donner
pour recevoir, car si l’on ne se montre
pas généreux, nous ne sommes pas
dans une bonne dynamique. Celui qui est
trop individualiste est toujours insatisfait.
C’est scientifiquement prouvé : d’après
une étude de l’université de Stanford,
si l’on est égoïste et replié sur soi-même,
on stimule alors des processus cognitifs
qui génèrent des émotions négatives.
UNE ÉNERGIE ALTRUISTE
DE L’ARGENT
Même si certains restent coupables
de greenwashing – c’est-à-dire de communiquer
sur des actions vertes qui ne sont pas
12 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
s’engager |
© RAPHAELE DEMANDRE
« Les gros consommateurs sont
moins concernés par les questions globales,
celle de l’environnement en particulier. »
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 17
bouger |
par voyageur, ce qui est un record.
Malheureusement, la plupart des compagnies
l’exploitent en trois classes (confort et
concurrence oblige) à environ 500 places.
Alors, que faire ? Toutes les initiatives seront
les bienvenues : autres trajectoires et pentes
d’approche augmentées, procédures et mise
en route des moteurs près des pistes d’envol,
nouveaux moteurs infiniment moins bruyants
et polluants, voilures optimisées en traînées
(voilures variables…), donc en bruit
et en consommation, moteurs à hydrogène,
respect des riverains, code de bonne conduite
des aéroports… Il faudra de toute façon
jouer sur une multitude de leviers pour obtenir
des résultats, sachant que les réponses
ne sont pas uniquement techniques.
Les usages, les modes d’organisation
sont aussi à réinventer. N’est-il pas absurde
de changer d’appareil à Lyon pour aller
de Brest à Lille ou de Nantes à Bruxelles ?
Alors qu’il serait si facile d’allier l’avion
et le train pour des destinations
non-directes ! La Deutsche Bahn
Le Cri-Cri électrique est le 1 er quadrimoteur
au monde entièrement électrique. Un défi
relevé par l’association Green Cri-Cri créée
par Gérard Feldzer.
et la Lufthansa ont depuis longtemps
compris l’intérêt de ce type d’accord…
pendant que la SNCF et Air France
se livrent une bataille des tranchées
d’un autre âge !
© DR
L’ANTARES H3,
une pile à combustible
comme moteur !
Ce n’est pas leur premier coup d’essai.
Les chercheurs du DLR et de la société
Lange Aviation envisagent de faire voler
le successeur de l’Antares H2, un planeur
qui fonctionnait déjà avec des piles
à combustible et rejetait de l’hydrogène.
Le nouveau projet s’annonce plus ambitieux : l’Antares H3 a une autonomie plus grande,
environ 50 heures pour une distance de 6 000 km, sans avoir recours à l’oxygène présent
dans l’air, l’hydrogène étant transformé via une réaction électrochimique en énergie
électrique. Son premier vol est prévu cette année, en espérant que les avions de ligne,
eux aussi, s’y mettent dans le futur.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 67
| s’engager
Changeons
notre regard
L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW SUR LA
WEBRADIO NEOPLANETE.FR RUBRIQUE DES
LIVRES ET VOUS
La crise remet en question nos réflexes, nos habitudes,
notre rapport à l’argent. Le moine bouddhiste Matthieu Ricard,
photographe et traducteur du dalaï-lama, qui vit dans le monastère
de Shéchèn, au Népal, analyse les leçons que nous pouvons
en tirer. Propos recueillis par Michel Pascal
Michel Pascal : Cette crise est-elle
une chance ?
Matthieu Ricard : En tout cas, c’est
une opportunité ! Non pour revenir le plus
vite possible au système d’avant, qui est
fondamentalement dysfonctionnel.
Mais plutôt pour changer nos priorités,
notre façon d’aborder la vie et les questions
financières. Gandhi a dit : « Il y a suffisamment
pour les besoins de tous, mais pas assez
pour l’avidité de tous. » Tout vient du Produit
Intérieur Brut (PIB) qui a été instauré en 1930,
suite à la crise de 1929, pour stabiliser
le chômage. Au début, la civilisation industrielle,
scientifique, technologique avait pour but
d’améliorer la qualité de l’existence. L’espérance
de vie est passée de 40 à 80 ans, on a eu
accès plus facilement à l’éducation, etc.
Mais, dans les années 1930, le PIB s’est mis
à indiquer la prospérité générale d’une nation,
y compris la satisfaction de vie, ce qui n’avait
aucun sens. Maintenant, quand ce genre
d’indicateur baisse, tout le monde panique
car on considère cela comme un échec.
M. P. : Mais le bien-être est capital !
M. R. : Justement. Il suffirait de garder
l’idée que tout ce que nous faisons vise
au mieux-être de chacun. Les gouvernements
doivent investir dans le bien-être. Si, pour
améliorer cette qualité de vie, il fallait
sacrifier un peu du Produit National Brut
(PNB) et autres critères purement
économiques, on ne percevrait pas cela
comme un échec. Au lieu de s’intéresser
aux taux d’inflation dans l’Union européenne,
on pourrait parler, par exemple, d’écart
à ne pas dépasser entre les riches et les pauvres
ou d’égalité entre les hommes et les femmes
au travail. Cela serait beaucoup plus sain !
On a vu ce qu’a donné la course au profit !
Si on réfléchit aux solutions possibles,
on s’aperçoit que le seul et unique facteur
qui fait le lien est l’altruisme.
M. P. : C’est-à-dire ?
M. R. : Il faut faire le lien entre les échelles
de temps différentes. Or l’économie en possède
une très brève. L’altruisme éviterait que
l’on ne récolte les économies de Monsieur
Tout-le-Monde, et que l’on ne s’en serve
comme au casino ! À moyen terme, l’altruisme
améliore la qualité de vie. Et se répercute
sur des générations, une famille, un travail.
L’altruisme au travail éviterait cette précipitation
de l’économie qui induit une baisse
de la qualité de vie. Une entreprise ne peut
pas faire des bénéfices sans humanité !
D’ailleurs, les salariés qui se sentent mieux
dans leur entreprise sont plus motivés.
16 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
| cocooner
D
’abord, pas de panique ! Si lutter
contre la chaleur demande de l’énergie,
nous avons largement de quoi fournir.
« Les pointes de consommation estivale sont
deux fois moins importantes
qu’en hiver, précise Michel
Derdevet, de RTE (Réseau
Transport Électricité).
La climatisation en France est
beaucoup moins développée
qu’aux États-Unis ou
qu’en Espagne. Il n’y a
aucun risque de pénurie ! »
Cela dit, chacun peut
réfléchir aux moyens de
moins souffrir des hautes
températures sans dépenser
plus d’énergie. Pas si simple :
par exemple, la clim’ dans une voiture
augmente la consommation d’essence
de 20 %. Oui, mais ouvrir les deux fenêtres
avant revient exactement au même : l’air
embarqué freine le véhicule et oblige le moteur
à consommer plus pour compenser !
QUELQUES IDÉES DANS L’AIR
À la RATP, la chaleur est un sujet
de préoccupation, avec un principe de base :
« Améliorer le confort tout en respectant
l’environnement », prévient Steve Viala,
chargé de communication. La climatisation,
52 | NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011
C’est un vrai dilemme cornélien ! Lutter contre
la chaleur contribue à favoriser le réchauffement
climatique. Les transports publics constituent le parfait
exemple d’un secteur qui intègre l’environnement
dans sa réflexion ! Par Jean-Louis Caffier
avec
en partenariat
La ville de demain,
Ça va chauffer !
Après l’avoir testée, la RATP
n’a pas retenu la climatisation
standard à bord de ses matériels,
ce système ayant l’inconvénient
d’être énergivore et de
réchauffer l’air en station.
trop gourmande en énergie, a été abandonnée.
Le premier objectif, c’est de chauffer moins.
L’amélioration des systèmes de freinage sur
les rames est un axe essentiel. Dans le métro,
les LEDs remplacent peu à peu
les vieilles ampoules qui chauffaient
autant qu’elles n’éclairaient. Deux
expérimentations sont en cours
dans les stations Bastille
et Porte-d’Ivry.
Sur le matériel roulant (métro,
bus, tramway), deux systèmes
de ventilation sont privilégiés :
l’un, mécanique (l’air extérieur
est aspiré par un système installé
sur le véhicule), l’autre, réfrigéré
(l’air aspiré est refroidi avant
d’être libéré).
Enfin, un tout nouveau procédé est testé
dans les 5 000 locaux techniques de la RATP :
il s’agit de la ventilation adiabatique qui joue
sur l’évaporation de l’eau ! L’air chaud
traverse un filtre humide alimenté
par de l’eau contenue dans un réservoir.
Seule une pompe nécessite un peu d’énergie.
Lutter contre la chaleur, c’est possible, mais
le but doit se limiter à des progrès partiels.
Dans les transports comme ailleurs, un bon
éventail peut tout à fait suffire !
ÉCOUTEZ LA WEB RADIO NEOPLANETE.FR
ET RETROUVEZ DEUX FOIS PAR MOIS
« LA VILLE DE DEMAIN » AVEC GDF SUEZ
© C. BERTRAND/RATP
bouger |
en eaux troubles ?
à la direction de l’évaluation des risques
de l’Anses. Un défi relevé avec succès
par les pays scandinaves, la Suisse et l’Allemagne,
qui parvient à se servir deux fois moins
de produits désinfectants que la France. Côté
réglementation, un nouveau texte devrait
être promulgué fin 2012. « Nous envisageons
notamment d’ajouter, dans le contrôle
sanitaire, le suivi de la trichloramine dans l’air
et des THM dans l’eau, précise Laëtitia Guillotin,
de la Direction générale de la santé. Ainsi
que d’autres prescriptions sur le renouvellement
de l’air dans les piscines. »
SOYEZ UN NAGEUR
RESPONSABLE
Pour limiter votre propre toxicité, des mesures
élémentaires d’hygiène s’imposent donc. Or
certaines sont encore peu appliquées : enfiler
un maillot de bain propre, mettre un maillot
couche aux bébés, se démaquiller et, surtout,
prendre une douche savonnée avant de piquer
une tête ! Déjà, dans les trente-huit piscines
parisiennes, ont été accrochées des affiches
ludiques qui invitent les baigneurs à se doucher,
ce qui diviserait par huit la pollution de l’eau.
VIVE LA BAIGNADE
ÉCOLOGIQUE !
L’alternative de la baignade biologique fait
son chemin chez nous. Le principe : on crée
un écosystème dans lequel les bactéries
pathogènes sont détruites par d’autres
organismes vivants jouant le rôle de filtre
biologique. « Alors que l’Allemagne compte
déjà cent cinquante piscines publiques naturelles
et, l’Autriche, cinquante, elles sont seulement
sept en France, dont Combloux, en Haute-Savoie,
et Mont-Près-Chambord, en Sologne », regrette
Dirk Esser, président de l’Association Française
pour les Baignades Biologiques. Et d’espérer
que le décret qui encadrera les pratiques
attendu l’année prochaine puisse changer
enfin la donne.
Plus d’infos sur www.afbb.info
© SINBIO
En Allemagne, cent cinquante piscines publiques naturelles ont été mises
à disposition des baigneurs… contre sept dans notre pays !
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 63
publi-reportage |
Ne pas jeter sur la voie publique
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LE MAG DE L’ENVIRONNEMENT
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ÉTÉ 2011
Matthieu
RICARD
La crise est-elle une chance ?
ET AUSSI : bons plans de rentrée, mincir et bronzer sans danger, J.O de Londres…
www.neoplanete.fr
L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW SUR LA
WEBRADIO NEOPLANETE.FR RUBRIQUE VIP
s’engager |
Philippe Poupon et Géraldine Danon
Le vent en poupe !
Après avoir parcouru pendant sept mois les îles polynésiennes
avec leurs quatre enfants, le navigateur français Philippe Poupon
et sa femme, l’actrice Géraldine Danon, nous parlent de la richesse
et de la fragilité des océans. Par Émilie Villeneuve
de ces associations qui luttent pour
la sauvegarde des lagons, des tortues,
des requins… et des efforts fournis
en matière d’énergies renouvelables,
telles que les hydroliennes sous-marines,
par les filiales de GDF Suez.
© GÉRALDINE DANON - EXPÉDITION FLEUR AUSTRALE
La tribu Poupon couronnée par les Polynésiens.
Après avoir emprunté en 2009 le passage
du Nord-Ouest, une « route » maritime
qui relie l’Atlantique au Pacifique, le navigateur
Philippe Poupon et Géraldine Danon,
son épouse, ont remis
les voiles en mai 2010,
pour le projet Fleur australe
de GDF SUEZ. D’une durée
de trois ans, cette expédition
transocéanique entre l’Alaska
et le pôle Sud, en passant
par le Pacifique, est destinée
à sensibiliser le grand public
sur les conséquences du réchauffement
climatique. À bord de ce voilier, où
une éolienne a été installée – et, bientôt,
des panneaux solaires –, le couple
observe la surface des océans, sa faune
et sa flore, tout en recueillant des données
pour l’Ifremer *.
Ces aventuriers de la mer sont les témoins
privilégiés de l’engagement des Polynésiens,
* Institut de recherche pour l’exploitation de la mer.
UNE ÎLE FLOTTANTE DE DÉCHETS
Malheureusement, des points noirs
ternissent l’horizon comme le Trash Vortex
dans le Pacifique. « Il s’agit d’un rassemblement
de tout ce qui flotte et qui part à la dérive,
principalement des objets en plastique qui, au gré
des vents et des courants, terminent au nord
des îles Hawaï, dans un grand
tourbillon. Une espèce de soupe
de particules qui se dégradent
avec le temps, le soleil et la mer,
et qui sont ingérés par les oiseaux
et les poissons », explique
Philippe Poupon. Une plaque
de détritus qui aurait la superficie
du Texas. Après avoir récupéré son bateau
à Tahiti en juillet, la tribu Poupon mettra le cap
sur le Vanuatu, la Nouvelle-Calédonie,
l’Australie et la Nouvelle-Zélande, pour prendre
« le pouls de la planète », observer la gestion
des déchets, la montée des eaux… avant
d’atteindre l’Antarctique, puis d’achever
son voyage en 2013, à La Réunion.
Une fleur dans les glaces, de Géraldine Danon,
est réédité chez Arthaud Poche, aux éditions J’ai lu.
NÉOPLANÈTE 22 - ÉTÉ 2011 | 21